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20 octobre 20266 min de lecture

Panne mondiale de Revolut : cartes refusées, application bloquée, et la piste Google Cloud qui rappelle le prix de la dépendance au nuage

Le mardi 20 octobre 2026, dans la matinée, l’application de la néobanque Revolut a cessé de fonctionner normalement pour une partie de ses utilisateurs : accès difficile à l’application, paiements par carte en échec, virements perturbés. Selon Euronews, des signalements sont venus du Royaume-Uni, d’Irlande, de France, d’Espagne, du Japon et d’autres pays. La banque a reconnu l’incident sans en donner la cause, mais plusieurs médias le rapprochent d’une panne survenue le même matin dans la région londonienne de Google Cloud, le fournisseur sur lequel Revolut fait tourner ses systèmes. Au-delà de cet incident, une question se pose pour toute organisation : que se passe-t-il quand l’infrastructure d’un seul fournisseur flanche ?

Revolut a publié un message sobre, repris notamment par Euronews et par la radio-télévision publique irlandaise RTÉ : « We are currently experiencing a service disruption affecting multiple services », autrement dit une interruption qui touche plusieurs de ses services. Selon RTÉ, la banque a ajouté que son équipe d’ingénierie travaillait activement à rétablir l’ensemble du service le plus vite possible. Au moment où le site The Next Web publiait son article, ni Revolut ni Google n’avaient indiqué quand le service serait pleinement rétabli. L’enjeu est considérable : Revolut revendique plus de 80 millions de clients particuliers dans le monde, d’après Euronews.

Photo de JFD~nlwiki, licence CC BY-SA 4.0 — via Wikimedia Commons

Sur sa page publique d’état des services, Revolut affichait 31 services comme partiellement indisponibles, parmi lesquels les paiements par carte, les virements et les retraits aux distributeurs, selon le site irlandais TheJournal.ie. Clubic, de son côté, comptait à son dernier relevé ces 31 services comme indisponibles. Concrètement, pour une personne qui utilise Revolut comme compte principal, cela peut signifier l’impossibilité de payer ses courses, un trajet ou une note de restaurant tant que dure la panne, sans solution de repli si elle ne dispose d’aucune autre carte. Revolut n’a précisé ni le nombre de clients touchés ni l’heure du retour à la normale, note TheJournal.ie, et Euronews juge incertain que tous les utilisateurs aient été concernés.

Google Cloud en ligne de mire

Le même matin, Google signalait un incident sur sa région europe-west2, celle de Londres. Sur sa page d’état, l’entreprise écrivait : « Multiple Google Cloud services are experiencing elevated errors and intermittent network failures in europe-west2 region », soit des erreurs en hausse et des coupures réseau intermittentes sur plusieurs services. D’après Clubic, l’incident était signalé depuis 8 h 08, heure de Paris, et touchait une trentaine de produits ; The Next Web en dénombrait 36 sur la page de Google, dont Compute Engine (les machines virtuelles), Kubernetes Engine, Cloud SQL et Cloud Storage. RTÉ écrit en revanche que Google signalait des problèmes depuis la fin de soirée de la veille : l’heure de début diffère donc selon les sources. Google n’avait donné ni cause ni horaire de rétablissement, et promettait un nouveau point vers 13 heures, selon Clubic.

Le lien entre les deux pannes n’a pas été confirmé officiellement, et il faut le dire clairement. Une personne au fait du dossier a indiqué à l’agence Reuters que la panne de Revolut était liée à celle de Google Cloud, rapporte The Next Web, et TheJournal.ie écrit que la perturbation proviendrait d’un prestataire tiers, d’autres services que Revolut étant également touchés. Mais ni Google ni les banques concernées n’ont officiellement établi de lien, souligne Clubic. Ce qui est établi, en revanche, c’est la dépendance technique : Revolut, basée à Londres, fait tourner son application et ses systèmes internes sur Google Cloud, et Google présente lui-même la banque comme une cliente qui a bâti son infrastructure centrale sur Compute Engine. Selon The Next Web, les deux entreprises ont élargi ce partenariat par un accord pluriannuel en septembre 2025.

Revolut ne semble pas avoir été la seule touchée. Sur Downdetector, un site qui agrège les signalements d’internautes, City AM a observé des pics pour Lloyds Bank, HSBC, Royal Mail ou encore Rightmove. Clubic invite toutefois à la prudence : rien ne garantit que ces banques soient toutes hébergées chez le même fournisseur, et Downdetector a ses biais, comme en témoignent les pics affichés pour AWS ou Azure, les grands concurrents de Google. Ces signalements donnent une idée de l’ampleur ressentie par les utilisateurs, pas un diagnostic technique.

Une région, plusieurs zones

Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut savoir comment un grand fournisseur de nuage organise ses installations. Une région, ici Londres, se découpe en plusieurs zones, des compartiments isolés les uns des autres pour limiter la casse en cas d’incident, explique Clubic. Selon The Register, la panne a frappé la zone europe-west2-b, l’une des trois zones de la région londonienne. Pendant l’incident, la seule consigne concrète de Google, ajoutée à 11 h 24 selon Clubic, s’adressait aux entreprises clientes : déplacer si possible leurs applications vers une autre zone ou une autre région. The Register cite la formule employée par Google : « If feasible, the impacted customer may try to migrate their workload impacted to another available location ».

Cette consigne dit l’essentiel : la résilience n’est pas fournie d’office par le nuage, elle se construit. Une application répartie sur plusieurs zones, plusieurs régions, voire plusieurs fournisseurs, coûte plus cher et demande plus de travail, mais elle encaisse mieux ce type d’incident. Nous ignorons comment Revolut a réparti ses systèmes, et la banque ne l’a pas expliqué : il serait hasardeux d’affirmer qu’elle a négligé cette précaution. Le constat dépasse pourtant ce seul cas : la concentration de services critiques chez quelques géants américains crée des points de défaillance communs. City AM rappelle d’ailleurs qu’une précédente panne mondiale d’Amazon Web Services avait perturbé de nombreuses plateformes, dont Lloyds, Zoom et Slack.

La région londonienne de Google Cloud avait déjà vacillé en 2020 puis en 2024, rappelle Clubic.

Ce que nous en retenons

Pour un particulier, la leçon ne dépend d’aucun logiciel : mieux vaut ne pas reposer sur une seule banque ni sur une seule carte pour payer au quotidien, surtout en déplacement ou à l’étranger. Une seconde carte adossée à un autre établissement, ou un peu d’argent liquide, évite de rester bloqué à une caisse. Selon un porte-parole cité par RTÉ, Revolut a assuré que l’argent et les données de ses clients étaient en sécurité : une panne de ce type empêche d’accéder à ses fonds pendant un temps, et c’est précisément ce temps qu’un moyen de paiement de secours permet de franchir sans dommage.

Pour une TPE ou une PME, la même question vaut pour ses propres outils : messagerie, fichiers partagés, logiciel de caisse ou de gestion hébergés chez un seul fournisseur. Il ne s’agit pas de tout rapatrier, mais de savoir ce qui s’arrête si ce fournisseur tombe, de garder une copie de ses données hors de son infrastructure, et de privilégier quand c’est possible des logiciels libres et des formats ouverts, qui permettent de changer d’hébergeur sans tout reconstruire. Dans la mesure de nos disponibilités, l’accompagnement bénévole et gratuit d’Azure Informatique peut aider les particuliers et les professionnels à faire cet inventaire et à prévoir une solution de repli simple.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude Opus 5.5, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessous. En savoir plus

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