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4 novembre 20264 min de lecture

Postman a installé d’office ses extensions dans Claude Code et Codex

Ouvrir l’application a suffi. Le 24 octobre 2026, la version 12.33.4 de Postman pour ordinateur a installé ses propres extensions dans Claude Code et Codex, sans rien demander. Postman est un client d’API : il sert à tester les interfaces par lesquelles des logiciels échangent des données. Claude Code et Codex sont des agents de programmation, des assistants d’IA qui écrivent et modifient du code sur la machine du développeur. Un logiciel a donc changé, en silence, le comportement d’un autre.

La personne concernée a décrit l’incident le 25 octobre 2026 dans le ticket n° 14370 du suivi public de Postman sur GitHub. Elle y dénonce « a severe consent and trust-boundary problem », soit un grave problème de consentement et de frontière de confiance. Après avoir conservé les preuves, elle a supprimé Postman et ses intégrations de son poste.

Un script lancé à chaque session

Le journal de Postman garde la trace d’une opération baptisée « auto-existing-upgrade », qui a installé les deux extensions d’un coup. Elle a modifié plusieurs fichiers de configuration, dont ~/.claude/settings.json pour Claude Code et ~/.codex/config.toml pour Codex. Un outil en ligne de commande a aussi été déposé sur le disque. Côté Codex est apparu un « hook » : un script lancé automatiquement au démarrage de chaque session de travail de l’agent.

Capture d’écran officielle du projet Bruno, licence MIT — via github.com/usebruno/bruno

Ce script ordonne à l’agent de charger les consignes de Postman « Before responding to any non-trivial API engineering task », c’est-à-dire avant toute tâche d’API un peu complexe. L’éditeur se place ainsi en interlocuteur par défaut. L’extension a aussi raccordé Codex à un serveur MCP distant de Postman. Le MCP (Model Context Protocol) permet à un agent d’IA de dialoguer avec des services extérieurs. Ce serveur a toutefois été activé sans connexion authentifiée en état de marche.

Un client d’API ne devrait pas s’imposer comme méthode de travail par défaut dans d’autres outils simplement parce que je l’ai ouvert.

— L’auteur du signalement sur GitHub (traduction de la rédaction)

Le point le plus sensible est l’approbation de ce script. Selon Byteiota, Claude Code et Codex affichent une demande de validation explicite avant de faire confiance à un script de démarrage. Or le code de l’installateur contient une fonction commentée « Approves only Postman’s current hook after installation ». Le signalement reste prudent : l’enregistrement de confiance, à lui seul, ne prouve pas qui l’a créé. Byteiota et dev.ua vont plus loin : l’installateur aurait inscrit lui-même cette approbation, sans passer par la fenêtre de validation.

Postman promet de clarifier

L’éditeur a fini par réagir. Le 3 novembre 2026, Sarabmeet Kallar, responsable produit de Postman, a répondu à RuntimeWire par l’intermédiaire de son agence de relations presse, Offleash PR. Postman rendra plus clair le consentement à ses extensions pour agents, en particulier pour les utilisateurs existants. L’entreprise réexamine aussi l’approbation du hook et son déclenchement au démarrage de session. Elle explique regrouper son outil en ligne de commande et ses extensions pour simplifier l’installation. Les sources divergent toutefois : Byteiota écrivait qu’à la date du 3 novembre, Postman n’avait pas répondu.

La documentation officielle de Postman décrit pourtant une installation volontaire. Une seule commande place l’extension dans tous les agents détectés sur la machine ; on peut aussi passer par la boutique ou la commande propre à chaque agent. Le problème tient donc au déclenchement : une mise à jour automatique a ajouté l’extension à Claude Code et à Codex. Une démarche prévue pour être choisie s’est ainsi imposée.

Pas de fuite, mais un nettoyage incomplet

Le signalement ne montre aucune fuite de données, relève dev.ua, qui cite aussi les vives critiques du chercheur en sécurité Frank Denis contre ces intégrations. Des rumeurs d’interception de données d’API ont pourtant circulé en ligne. Pour Byteiota, aucune donnée d’API n’a quitté la machine. Le grief porte sur le consentement. Les agents de programmation suivent en permanence les consignes de leurs extensions et de leurs hooks, rappelle RuntimeWire.

La désinstallation pose une autre difficulté : selon dev.ua, la procédure standard de Postman ne nettoie pas complètement les configurations modifiées des agents d’IA. L’auteur du signalement demande à l’éditeur de suspendre ces installations automatiques jusqu’à un accord explicite des utilisateurs. Le signalement réclame aussi que la décision d’approuver un hook revienne à l’utilisateur, dans l’agent lui-même.

Bruno et Hoppscotch, alternatives libres

Pour tester des API sans dépendre d’un éditeur, Byteiota met en avant Bruno, un client libre conçu pour le travail hors ligne, qui ne demande aucun compte. Publié sous licence MIT, Bruno enregistre les collections de requêtes dans un simple dossier de l’ordinateur. On peut les suivre avec Git, l’outil de gestion de versions des développeurs. Le projet s’engage à rester uniquement hors ligne, sans synchronisation dans le nuage.

Hoppscotch, lui aussi sous licence MIT, se présente comme une alternative open source à Postman et à Insomnia, un autre client d’API. Il existe en version web, de bureau et en ligne de commande, et peut s’installer sur son propre serveur. À notre avis, changer d’outil a toutefois un coût : il faut exporter ses collections, contrôler leur import et réhabituer les équipes.

Vous utilisez Postman avec Claude Code ou Codex, au travail ou chez vous ? Nous vous conseillons d’ouvrir les fichiers de configuration de ces agents et d’y chercher toute trace de l’éditeur : extension, hook approuvé ou connexion MCP. Retirez à la main ce que vous n’avez pas installé vous-même, car la désinstallation standard ne suffit pas. Pour une TPE ou une PME, l’épisode rappelle qu’un logiciel peut en reconfigurer un autre. Des outils libres, dont le code s’inspecte, réduisent ce risque sans l’éliminer.

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