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4 octobre 20266 min de lecture

Stirling PDF 3.0 : l’authentification unique devient gratuite, mais l’automatisation passe au compteur, même sur votre serveur

Stirling PDF, qui se présente comme « #1 PDF Application on GitHub », est passé en version 3.0 le 24 septembre 2026. Bonne nouvelle pour les administrateurs : l’authentification unique OAuth devient gratuite pour tous les utilisateurs. La version introduit aussi un moteur de traitement par lots, mais l’automatisation gratuite, API comprise, est désormais limitée à 1 000 PDF par mois, y compris sur votre propre serveur. Et derrière l’étiquette « open-source », le dépôt mêle du code sous licence MIT et des répertoires sous licence propriétaire. Nous avons lu les notes de version, la documentation et les fichiers de licence pour faire la part des choses.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Stirling PDF est une boîte à outils pour documents PDF que l’on peut utiliser comme application de bureau ou dans le navigateur, ou bien installer sur ses propres serveurs. C’est ce qu’on appelle l’auto-hébergement : le logiciel tourne sur une machine que vous contrôlez, pas chez un prestataire. Son dépôt revendique plus de 50 outils : fusion, découpage, signature, caviardage (masquage définitif d’informations), conversion, reconnaissance de texte (OCR) ou compression. Son interface est disponible dans plus de 40 langues. Sa promesse tient en une phrase : modifier, signer, caviarder, convertir et automatiser des PDF sans envoyer les documents à des services externes. Une seule commande Docker suffit à lancer un serveur.

Ce qu’apporte la version 3.0

Capture d’écran officielle du projet Stirling PDF — via github.com/Stirling-Tools/Stirling-PDF

La grande nouveauté s’appelle le « PDF Processor ». Il reprend les outils existants et permet de les appliquer à un grand nombre de fichiers provenant de plusieurs sources : dossiers, serveurs FTP et stockage objet S3, ainsi que SFTP et partages réseau SMB selon heise. L’exemple donné par l’équipe parle de lui-même : passer 10 000 fichiers à la reconnaissance de texte, compresser un dossier entier ou convertir toute une bibliothèque de documents, puis laisser l’outil guetter l’arrivée de nouveaux fichiers pour les traiter à leur tour. Une intelligence artificielle peut s’y greffer pour comprendre, classer ou extraire des informations des documents ; elle est entièrement facultative, désactivée par défaut, et peut s’appuyer sur des modèles hébergés localement.

Côté édition, le nouvel éditeur de texte sort de sa phase alpha, c’est-à-dire de ses premiers essais publics. L’équipe promet une interface et des performances nettement meilleures. Un smartphone peut désormais servir de surface de signature manuscrite grâce à un QR code, ce qui évite d’imprimer un document pour le signer puis de le numériser à nouveau. La version apporte aussi des correctifs de sécurité : heise relève notamment, parmi les changements listés sur GitHub, une limite appliquée lors de la décompression d’archives non fiables.

Autre changement, moins spectaculaire mais précieux pour une petite structure : l’authentification unique OAuth devient gratuite. L’authentification unique, ou SSO, permet de se connecter avec un compte qui existe déjà ailleurs plutôt que de créer un mot de passe de plus. Les notes de version l’annoncent sans détour : « we are also making OAuth SSO free for all users ». La page des offres de la documentation range désormais dans le plan gratuit la connexion via Google, GitHub, Keycloak ou tout fournisseur compatible OpenID Connect (OIDC). Le SAML, l’autre grand protocole d’authentification unique, utilisé notamment avec Okta ou Azure AD, reste en revanche réservé à l’offre Enterprise.

Le revers : un compteur sur votre serveur

La contrepartie figure dans la même annonce. Le traitement automatisé, qu’il passe par le Processor, par l’API (l’interface qui permet à d’autres logiciels de piloter Stirling PDF) ou par les fonctions d’IA, est inclus gratuitement à hauteur de 1 000 PDF par mois. Relier son serveur au site stirling.com ajoute 500 PDF mensuels et donne accès à l’IA hébergée par l’éditeur. La documentation précise la règle : l’automatisation, les outils d’IA et le traitement par l’API consomment cette allocation, tandis que les outils manuels et interactifs sans IA n’en consomment pas. L’édition d’un PDF à la main reste donc gratuite et illimitée, comme le souligne l’équipe.

C’est là que le bât blesse. La documentation l’écrit noir sur blanc : une installation web auto-hébergée utilise la licence et l’allocation de traitement du serveur. Or, lorsque les fichiers sont traités par votre propre processeur, sur votre propre machine, c’est vous qui fournissez la puissance de calcul : à nos yeux, la limite est un choix commercial, pas une contrainte technique. La page tarifaire de l’éditeur affiche d’ailleurs un prix d’un cent de dollar par crédit de traitement. Quant à la liaison avec stirling.com pour obtenir 500 PDF de plus, elle crée une dépendance à un service tiers, et recourir à l’IA hébergée revient à faire traiter ses documents hors de chez soi, ce qui mérite réflexion avant d’y faire passer des pièces sensibles.

Open source ou open core ?

Reste la question de la licence. GitHub ne parvient pas à l’identifier automatiquement. Le fichier LICENSE commence bien par la licence MIT, très permissive, mais précise aussitôt que plusieurs répertoires y échappent, dont app/proprietary/, app/saas/, engine/ ou frontend/editor/src/proprietary/ : leur contenu relève de la licence définie dans leur propre fichier. Le README illustre l’ambiguïté : il décrit d’abord une plateforme d’édition PDF « open-source », puis conclut que Stirling PDF « is open-core ». Ce modèle, dit open core, consiste à publier un cœur libre tout en réservant certaines briques à une licence propriétaire.

Une partie du code de Stirling PDF relève d’une licence propriétaire qui n’autorise l’usage en production qu’avec une licence utilisateur valide.

La licence propriétaire en question, baptisée « Stirling PDF User License », mérite d’être lue. Elle conditionne l’usage en production du logiciel à la détention d’une licence. Sans abonnement payant, elle ne permet qu’un essai interne, une évaluation ou un usage minimal, et précise que cet usage reste limité aux capacités et restrictions définies par le logiciel lui-même. Les modifications ne sont autorisées que pour le développement ou les tests internes. Pour cette partie du code, les libertés qui définissent un logiciel libre, à savoir utiliser, étudier, modifier et redistribuer, ne sont donc pas garanties. Le reste du dépôt, sous licence MIT, demeure librement réutilisable.

La grille tarifaire éclaire le reste du modèle. Le plan gratuit, limité à 5 utilisateurs, est présenté comme destiné à un usage personnel, aux petites équipes ou à l’évaluation. Le plan Team coûte 99 dollars par mois ou 999 dollars par an, avec 100 utilisateurs inclus et des blocs de 100 supplémentaires. L’offre Enterprise ajoute notamment le SAML et un déploiement hors ligne, activé par un fichier de certificat plutôt que par une vérification de clé en ligne : une précision qui laisse entendre que les autres formules contrôlent leur clé par Internet.

Ce que nous en retenons

Faut-il pour autant bouder Stirling PDF ? Non. Pour fusionner, découper, signer ou convertir des documents à la main, l’outil reste gratuit, sans limite de volume, et traite les fichiers sans les envoyer à un service externe, ce qui compte quand on manipule des contrats ou des fiches de paie. La gratuité de l’authentification OAuth est une vraie avancée pour une petite structure qui centralise déjà ses comptes. L’équipe annonce des versions quasi hebdomadaires dans les semaines à venir et une plus grande attention aux contributions de la communauté. Mais la trajectoire est nette : les fonctions qui intéressent les entreprises, à savoir l’automatisation, l’API et les grands volumes, sont désormais comptées, et une partie du code n’est pas libre.

Pour un particulier ou une petite équipe de 5 personnes au plus qui manipule quelques PDF par semaine, Stirling PDF 3.0 reste une excellente boîte à outils à installer chez soi. Pour une PME qui envisage d’automatiser le traitement de son courrier ou de ses factures, il faut en revanche estimer ses volumes mensuels et son nombre d’utilisateurs avant de bâtir une chaîne de traitement sur l’API, et lire la licence avant de modifier ou de redistribuer le logiciel. C’est la leçon plus générale de cette version : la mention « open-source » dans une présentation ne dispense jamais d’ouvrir le fichier LICENSE.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude Opus 5.5, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessous. En savoir plus

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