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25 septembre 20266 min de lecture

Modifié le 5 octobre 2026

Zorin OS : une porte d’entrée sérieuse vers Linux pour les utilisateurs de Windows — et des « 5 000 dollars de logiciels » qui n’existent pas

Passer de Windows à Linux fait peur surtout à cause des habitudes à réapprendre : un menu Démarrer différent, une barre des tâches à redécouvrir, des logiciels du quotidien à remplacer. Zorin OS, une distribution développée depuis 2009 par la société irlandaise Zorin Group, construit toute sa proposition autour de ce problème précis plutôt que de le contourner : offrir, dès l’installation, une interface qui ne dépayse pas. Une promesse largement tenue, preuves à l’appui — mais assortie, sur la version payante du système, d’une communication sur la valeur des logiciels inclus qui mérite d’être vérifiée avant d’être prise pour argent comptant.

Le pari de Zorin OS : rassurer plutôt que dépayser

Capture d’écran officielle Zorin OS — via zorin.com/os/ (recadrée)

Zorin OS repose sur Ubuntu, l’une des distributions Linux les plus utilisées au monde : elle en hérite la stabilité, le catalogue logiciel et le rythme de support à long terme. La version actuelle, Zorin OS 18.1, sortie le 15 avril 2026, est maintenue jusqu’en juin 2029. Dès l’installation, la mise en page par défaut reprend les repères d’un bureau Windows classique — menu Démarrer en bas à gauche, barre des tâches, icônes système déjà familières — et cette mise en page fait partie des quatre incluses dans l’édition Core, entièrement gratuite, aux côtés d’une variante tactile, d’une liste façon Windows et d’un bureau GNOME Shell. Les logiciels Windows les plus courants tournent directement grâce à Wine et Bottles, deux couches de compatibilité préinstallées par défaut.

Le reste de l’édition Core suit la même logique de confort immédiat : détection automatique des pilotes graphiques NVIDIA, AMD et Intel, prise en charge du jeu vidéo via Steam, Epic Games, GOG, Lutris et itch.io directement depuis le magasin d’applications, lecteur d’écran, loupe et assistant de clic pour l’accessibilité, disponibles en plus de 100 langues, et Zorin Connect pour lier son téléphone à l’ordinateur — notifications, presse-papiers partagé, transfert de fichiers. Rien de tout cela n’exige de passer par un terminal, ni de payer quoi que ce soit.

Le bureau n’est pas le seul endroit où Zorin OS évite le dépaysement : la suite bureautique LibreOffice est préinstallée dès l’édition Core, avec une compatibilité assumée des documents Microsoft Office et 365 — ouverture, création et modification de fichiers .docx, .xlsx ou .pptx sans conversion manuelle. Un détail qui prendra tout son sens un peu plus loin, au moment d’examiner ce que la version payante prétend réellement apporter en plus.

Pro, 47,99 dollars une fois pour toutes : ce qu’elle ajoute réellement

Ce que Zorin OS Pro ajoute de façon incontestable, ce sont huit mises en page supplémentaires — imitant macOS, Windows 11, une version classique de Windows, ChromeOS, Cinnamon, Ubuntu, elementary OS, ou un simple panneau compact — là où Core doit se contenter de ses quatre mises en page d’origine. S’y ajoutent un support technique par e-mail assuré directement par l’équipe Zorin, ainsi qu’une collection de fonds d’écran exclusifs. Le tout pour 47,99 dollars (47,99 euros en France) en paiement unique, sans abonnement — une licence utilisable sur plusieurs ordinateurs pour un usage personnel, mais à racheter pour chaque poste dans un cadre professionnel.

La version Pro embarque aussi une sélection de logiciels créatifs et de productivité préinstallés : Kdenlive pour le montage vidéo, GIMP pour la retouche d’image, Inkscape pour l’illustration vectorielle, Blender pour la 3D et les effets visuels, Ardour pour la production audio, ainsi que Deskflow pour partager souris et clavier entre plusieurs ordinateurs, Planify comme gestionnaire de tâches, Xournal++ pour la prise de notes manuscrites, ou encore Network Displays pour projeter son écran sans fil — auxquels s’ajoutent, sans que Zorin en précise systématiquement les noms, un logiciel de CAO, un outil de cartes mentales, une liseuse, un agrégateur de flux RSS, un logiciel de comptabilité, un minuteur Pomodoro et un gestionnaire de mots de passe.

« Plus de 5 000 dollars de logiciels » : une addition qui ne résiste pas à l’examen

C’est sur la valeur de ce lot que la communication de Zorin Group devient contestable. La page officielle de vente de Zorin OS Pro l’affirme sans détour : « bundled with curated alternatives to over $5,000 of professional software » — livrée avec des alternatives triées sur le volet à plus de 5 000 dollars de logiciels professionnels. Elle détaille notamment le calcul poste par poste : une suite bureautique comparée à Microsoft Office Home & Business (249,99 $), un éditeur d’image et d’illustration comparé à CorelDRAW et Corel PHOTO-PAINT Standard (299 $), un éditeur audio comparé à WavePad Standard (60 $), un éditeur vidéo comparé à l’abonnement annuel d’Adobe Premiere Pro (263,88 $), un logiciel de CAO comparé à l’abonnement annuel d’AutoCAD (1 975 $), et un logiciel de 3D et d’effets visuels comparé à l’abonnement annuel de Maya (1 875 $).

Le problème n’est pas que ces logiciels manquent de sérieux : GIMP, Inkscape, Kdenlive et Blender comptent chacun parmi les références de leur catégorie, utilisés jusque dans des productions professionnelles. Le problème est ailleurs : aucun de ces programmes n’a jamais coûté un centime, sur aucune distribution Linux. GIMP, Inkscape, Kdenlive, Blender, Xournal++, Planify et Deskflow sont tous publiés sous licence libre, essentiellement la licence publique générale GNU, et s’installent gratuitement en quelques clics depuis le magasin d’applications ou les dépôts officiels d’Ubuntu, de Debian, de Fedora, de Linux Mint — et de Zorin OS Core lui-même, la version gratuite. Payer 47,99 dollars n’achète donc aucun de ces logiciels : ils étaient déjà là, gratuitement, avant même d’ouvrir son portefeuille.

Le premier poste du tableau officiel illustre le problème de la façon la plus nette : la « suite bureautique » comparée aux 249,99 dollars de Microsoft Office Home & Business n’est autre que LibreOffice. Or ce même LibreOffice est déjà préinstallé, gratuitement, dans l’édition Core que ce tableau est censé inciter à délaisser au profit de Pro. Sur les six postes qui composent l’addition mise en avant par Zorin, un au moins ne correspond donc même pas à un avantage réservé à la version payante.

Ardour, la seule vraie nuance à apporter au tableau

Une seule nuance mérite d’être apportée, pour rester exact : le code source d’Ardour est bien publié sous licence libre et peut être compilé gratuitement par quiconque, mais les versions précompilées distribuées directement par le site officiel du projet demandent un don d’un dollar minimum, faute de quoi la lecture audio s’interrompt après dix minutes d’utilisation. Cette contrainte ne s’applique toutefois pas aux paquets Ardour proposés par les dépôts officiels de Debian, d’Ubuntu ou de Fedora, compilés et redistribués gratuitement par ces distributions dans le respect de la même licence. Rien n’indique que Zorin OS Pro, qui fournit Ardour clé en main dans son propre lot payant, impose cette même limite à ses utilisateurs.

Cette lecture critique n’est pas isolée. Dans son test de Zorin OS Pro, le site américain How-To Geek documente lui-même la liste des logiciels inclus avant de conclure, commentaires de lecteurs à l’appui, que l’ensemble reste librement accessible ailleurs et que l’argument de vente porte en réalité sur la curation et le gain de temps, pas sur l’accès à des programmes autrement inaccessibles.

Sous le test de Zorin OS Pro publié par How-To Geek, un lecteur résume le problème en une question : « Why are you listing free software as features of a paid distribution? » — pourquoi vendre des logiciels gratuits comme les arguments d’une distribution payante ?

Ce que 47,99 dollars achètent réellement sur Zorin OS Pro, c’est du temps gagné à ne pas chercher, installer et configurer soi-même une dizaine de logiciels déjà gratuits, quelques mises en page supplémentaires et un support par e-mail — une proposition parfaitement défendable, à condition de la présenter comme telle plutôt que comme un accès à des milliers de dollars de valeur autrement inaccessible. Le même travers, déjà relevé à propos de la vraie facture de l’informatique, consiste à présenter comme une faveur commerciale ce qui n’est, au fond, qu’un service de curation et de mise en forme autour de logiciels déjà gratuits. Pour qui hésite encore à quitter Windows, l’édition Core suffit largement à tester la promesse d’une interface qui ne dépayse pas ; Azure Informatique accompagne cette bascule gratuitement, sans obligation d’acheter quoi que ce soit au préalable.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessous. En savoir plus

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