7 novembre 20264 min de lecture

EdenText, traitement de texte libre, ouvre les fichiers Word dans le navigateur

EdenText est un traitement de texte libre qui fonctionne dans le navigateur web. Il ouvre et enregistre les formats .docx de Microsoft Word et .odt de LibreOffice et, selon ses auteurs, se passe de compte comme de serveur. Self-Host Weekly, la lettre hebdomadaire du site selfh.st, l’a mis en avant le 6 novembre 2026. Ce site est consacré à l’auto-hébergement, qui consiste à installer ses services sur son propre serveur. Le projet est encore en bêta : c’est le moment de l’essayer, pas encore d’y confier ses archives.

Son dépôt GitHub, la page où son code est publié, le présente comme un outil capable de tout écrire, de la note rapide au livre entier. Mise en page, styles et tableaux sont au rendez-vous. EdenText gère aussi les citations avec bibliographie, l’index alphabétique et les formules en LaTeX, le langage de composition prisé des scientifiques. Selfh.st décrit une interface proche de celle de Word, ruban compris, cette barre d’onglets et d’icônes placée en haut de la fenêtre.

La compatibilité est l’argument central. D’après le dépôt, les documents gardent leur mise en page dans Word, LibreOffice et WPS Office. L’interface est traduite en plusieurs langues, dont le français, l’allemand et l’espagnol. Le projet est indépendant : il n’a de lien ni avec Microsoft ni avec The Document Foundation, la fondation qui développe LibreOffice.

Capture d’écran officielle du projet EdenText (AGPL-3.0) — via github.com/stffnb/edentext

La version 0.13.0 a renforcé les outils de relecture. Le suivi des modifications ne se limite plus au texte saisi : il enregistre aussi les sauts de paragraphe, la mise en forme et les listes. Un document peut être comparé à un fichier ou fusionné avec lui. Un mot de passe protège, si besoin, l’enregistrement des modifications. Les commentaires s’écrivent dans la marge, avec une couleur par relecteur.

Des documents gardés en local

Le site officiel promet que les documents ne quittent jamais l’ordinateur : ni serveur, ni compte. Tout se traite localement, dans le navigateur. La confidentialité y gagne. Selfh.st en signale le revers : toutes les données étant stockées dans le navigateur, il faut enregistrer ou exporter tout ce qui compte. À notre avis, chaque document important doit exister sous forme de fichier sur le disque.

L’assistant d’intelligence artificielle (IA) est facultatif. Il fonctionne avec le fournisseur de son choix ou avec un modèle local, installé sur la machine. Rien n’est envoyé tant qu’aucun fournisseur n’est configuré, et l’assistant peut être coupé. Avec un service en ligne, les requêtes partent directement chez lui, sans passer par un serveur d’EdenText. Le texte confié à l’assistant relève alors des conditions de ce fournisseur.

Sur le poste ou sur son serveur

Depuis la version 0.8.0, EdenText s’installe aussi comme application de bureau sur macOS, Windows et Linux. Elle ouvre les documents depuis le gestionnaire de fichiers et enregistre les changements dans le même fichier. Sous Linux, elle est livrée en AppImage, en paquet deb et dans une archive destinée à Flathub, le magasin d’applications Linux. Ces installateurs ne sont pas signés, c’est-à-dire pas certifiés au nom d’un éditeur identifié. Au premier lancement, Windows prévient donc que l’éditeur est inconnu.

Pour qui préfère son propre serveur, une image de conteneur Docker, un paquet prêt à lancer, est publiée à chaque version. Selfh.st juge ce déploiement facile. Mieux vaut servir EdenText en HTTPS, la version chiffrée du web : en HTTP simple, les navigateurs désactivent plusieurs fonctions, dont l’usage hors ligne et l’installation comme application.

Une licence libre, un outil jeune

Le code est publié sous licence AGPL-3.0 (GNU Affero General Public License). Cette licence libre oblige à partager le code modifié, y compris quand le logiciel est proposé comme service en ligne. Le dépôt y ajoute une clause, permise par l’article 7(b) de la licence, pour le mode intégré, qui insère l’éditeur dans une autre application web. Dans ce mode, le logo du projet et la mention « Powered by EdenText » doivent rester visibles. Une licence commerciale couvre les usages auxquels l’AGPL ne convient pas.

Le logiciel est jeune, et le dépôt ne le cache pas. Il prévient que des bogues ne peuvent pas être exclus à ce stade, et conseille de garder des sauvegardes des documents auxquels on tient. Il renvoie aussi au journal des modifications pour les limites connues, là où le navigateur empêche EdenText de reproduire exactement Word ou LibreOffice. Sur Trendshift, qui mesure la popularité des projets de GitHub, EdenText ne figure pas dans le top 25 sur la période observée. Il y a tout de même gagné 539 étoiles, ces marques d’intérêt des utilisateurs, en 58 jours, du 11 septembre au 7 novembre 2026.

Pour un particulier, une association ou une TPE, EdenText mérite un essai sur des documents courants : il s’ouvre sans installation, ne réclame aucun compte et lit les fichiers Word. Pour les dossiers sensibles ou les documents à conserver longtemps, nous conseillons de rester sur LibreOffice, plus éprouvé. Si vous testez EdenText, enregistrez chaque document comme fichier, laissez l’assistant d’IA désactivé tant que vous n’en avez pas besoin et suivez les nouvelles versions. Dans la mesure de nos disponibilités, notre accompagnement bénévole et gratuit peut vous aider à choisir l’outil adapté.

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