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28 octobre 20266 min de lecture

Gmail, Drive, Google Photos et publicités : Google ajoute une exception à son engagement, valable si vous ouvrez l’accès à vos données

Dans la version de ses règles de confidentialité en vigueur depuis le 16 octobre 2026, Google a ajouté une réserve à l’un de ses engagements : le groupe écrit toujours qu’il ne personnalise pas les annonces d’après vos contenus Gmail, Drive ou Google Photos, mais il y met désormais une condition. Plusieurs médias francophones, dont Clubic, Next et la RTBF, ont consacré des articles à ce changement. Nous avons relu le texte lui-même, la page d’aide de Google et ces articles pour séparer ce qui est établi de ce qui reste incertain, en particulier pour les utilisateurs français.

Gmail, Drive, Photos : ce que change le texte

La version archivée datée du 12 octobre 2026 ne comportait aucune réserve : Google y écrivait ne pas montrer d’annonces personnalisées fondées sur votre contenu de Drive, de Gmail ou de Photos. La version du 16 octobre 2026 garde cette phrase, mais la prolonge. En français, Google écrit désormais qu’il ne présente pas d’annonces personnalisées en fonction de vos contenus sur Drive, Gmail ou Google Photos, « sauf si vous choisissez de rendre les données issues de ces services disponibles » pour d’autres services Google qui prennent en charge les annonces personnalisées. Next, qui a comparé les deux pages, confirme que les nouvelles règles sont répercutées en France.

Une autre phrase du même texte décrit le mécanisme. Selon la version française, on peut autoriser certains services Google, comme la Recherche ou les applications Gemini, à accéder aux données issues d’autres services, tels que Google Photos et les applications Workspace (Gmail et Drive, par exemple). Le texte donne aussi un exemple : la Recherche peut traiter une partie des données auxquelles on lui a donné accès pour personnaliser le contenu, annonces comprises. D’après Next, c’est cette clause d’accès entre services, ajoutée dans la version française du 16 octobre, qui laisse augurer un possible lancement. À notre lecture, ces phrases mises bout à bout dessinent un chemin : vous autorisez l’accès, la Recherche s’en sert pour personnaliser son contenu, et les annonces en font partie.

Ce que répond Google

Photo d’Asoundd (recadrage de Cristiano Tomás), licence CC BY-SA 4.0 — via Wikimedia Commons

La page d’aide de Google consacrée à la connexion des applications de contenu à la Recherche est plus explicite. Elle affirme que les annonces ne seront pas fondées directement sur votre boîte de réception Gmail ni sur votre bibliothèque Google Photos. Mais elle ajoute que, si vous connectez ces applications à la Recherche, celle-ci peut s’appuyer sur des résumés, des extraits et des déductions tirés de ces sources pour personnaliser votre expérience, et que ces mêmes informations peuvent servir à afficher des annonces. Google indique aussi que les annonceurs n’ont pas accès à votre boîte de réception ni à vos photos, et qu’il ne personnalise pas les annonces d’après des catégories sensibles, comme l’origine ethnique, la religion, l’orientation sexuelle ou la santé.

Google a également transmis à Ars Technica une déclaration que cite Next : « La connexion de vos applications est entièrement facultative. » La page d’aide va dans le même sens : on choisit de connecter ou non ses applications de contenu, on peut modifier ses réglages à tout moment, et le mode IA de la Recherche reste utilisable si l’on ne connecte pas ses applications. Quant au contexte, Next rapporte qu’Android Authority voit dans ce changement une conséquence du lancement de Personal Intelligence, une fonction intégrée à Gemini qui permet à l’IA de Google de faire le lien entre les applications du groupe, dont Gmail et Photos, et l’historique de conversation de l’utilisateur. Google, précise Next, ne confirme pas explicitement ce lien.

Sur le fond, la nuance est mince mais réelle. Avant le 16 octobre 2026, la phrase de Google ne souffrait aucune exception ; désormais, l’engagement de Google n’est plus absolu : il dépend du choix de connecter ou non vos applications. Google insiste sur le fait que les annonces ne reposent pas directement sur votre boîte de réception ou votre bibliothèque de photos, mais sa propre page d’aide admet que des résumés, des extraits et des déductions tirés de ces contenus peuvent servir à afficher des annonces. Le mot « directly » (directement), employé par cette page, mérite donc d’être pesé avant d’accepter de connecter ses applications.

Entre des annonces fondées directement sur vos e-mails et des annonces nourries de déductions tirées de ces e-mails, la frontière tient à un seul mot.

Et en France ?

Reste la question qui nous concerne : qu’en est-il en France ? Les sources ne disent pas exactement la même chose. Selon Next, Personal Intelligence est déployée sur les comptes Google personnels éligibles, et non sur les comptes Workspace professionnels, dans le monde entier à l’exception de l’Espace économique européen, de la Suisse, du Royaume-Uni et du Nigéria. Clubic écrit seulement que toutes les fonctions de Personal Intelligence ne sont pas disponibles dans l’Union européenne. La RTBF va plus loin et affirme que la nouvelle politique ne concerne pas directement les utilisateurs européens. Pourtant, la clause figure bien dans la version française des règles publiée par Google.

Next ajoute une lecture juridique à propos de la clause d’accès entre services : en l’état, elle ne serait pas suffisante pour remplacer le consentement éclairé exigé par le RGPD, le règlement européen sur la protection des données personnelles, mais elle pourrait en préparer le terrain. Il s’agit de l’analyse du journaliste de Next, à prendre comme telle. Ce que l’on peut affirmer sans extrapoler tient en trois points : la clause figure bien dans le texte français publié par Google ; Personal Intelligence, à laquelle Android Authority rattache ce changement, n’est pas déployée dans l’Espace économique européen d’après Next ; et Google présente la connexion des applications comme facultative.

Reprendre la main

Pour savoir où vous en êtes, le plus simple est de regarder vos réglages. Clubic conseille de vérifier les applications connectées dans les paramètres de personnalisation de la recherche Google. Next rappelle qu’il est possible de désactiver l’ensemble des recommandations personnalisées dans les services de Google depuis les réglages du compte. La page d’aide de Google confirme que l’on peut modifier ces réglages à tout moment, y compris en déconnectant les applications de contenu. Une limite toutefois : déconnecter une application, ou supprimer des données dans cette application, n’efface pas ce qui figure déjà dans l’historique des services de la Recherche, précise cette même page.

Pour celles et ceux qui préfèrent ne pas confier leurs photos et leurs fichiers à un service tiers, des logiciels libres existent. Immich se présente, sur son dépôt, comme une solution performante de gestion de photos et de vidéos à héberger soi-même, publiée sous licence AGPL version 3 ; son propre fichier de présentation insiste d’ailleurs sur la nécessité de sauvegarder ses photos et vidéos. Nextcloud permet, selon son dépôt, de stocker ses fichiers, ses contacts et ses agendas sur un serveur de son choix, également sous licence AGPL. Ces outils ne remplacent pas les services de Google du jour au lendemain : il faut un serveur, des sauvegardes et des mises à jour suivies, donc du temps. C’est le prix de la maîtrise de ses données, et chacun doit juger s’il est prêt à le payer.

Pour les particuliers comme pour les TPE et PME, la conduite à tenir tient en trois gestes : vérifier si des applications de contenu sont connectées à votre compte Google, décider en connaissance de cause de les laisser ou non, et garder à l’esprit que cette exception figure désormais dans le texte, même si Personal Intelligence n’est, selon Next, déployée ni dans l’Espace économique européen ni sur les comptes Workspace professionnels. Pour qui souhaite aller plus loin, notre accompagnement bénévole et gratuit peut, dans la mesure de nos disponibilités, aider à faire le point sur ces réglages ou à étudier une alternative libre.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessous. En savoir plus

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