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4 novembre 202615 min de lecture

Nextcloud : comment le dérivé d’ownCloud s’est imposé comme le Microsoft 365 libre

On a appris le 3 novembre 2026 que six Länder allemands s’étaient entendus sur un accord-cadre pour une plateforme scolaire sans Microsoft ni Google, bâtie sur Nextcloud. En France, Nuage, le service Nextcloud de l’Éducation nationale, revendique 400 000 comptes actifs. Dix ans après sa naissance, Nextcloud se pose en alternative libre à Microsoft 365 et son fondateur parle de « parité » avec les géants américains. Comment un logiciel né d’une scission avec ownCloud en est-il arrivé là ? Pour le comprendre, nous avons croisé soixante sources, des archives de 2010 aux avis de sécurité d’octobre 2026. Nous avons aussi confronté treize produits de Microsoft 365 à leurs équivalents libres.

D’un projet KDE à une start-up de Boston

Photo de Leonhard Lenz, licence CC BY 4.0 — via Wikimedia Commons

Tout commence en janvier 2010, au Camp KDE. Frank Karlitschek, développeur de l’environnement de bureau KDE, y annonce ownCloud : un serveur que chacun peut installer pour garder ses fichiers sous la main, publié sous licences libres, dont l’AGPL. L’un des atouts mis en avant : rester maître de ses données en faisant tourner son propre serveur, plutôt que de les confier aux services en ligne.

En décembre 2011, le projet se dote d’une société américaine, ownCloud Inc., basée à Boston et financée par le fonds de capital-risque General Catalyst. Karlitschek promet alors que le logiciel restera libre : « ownCloud is and will always be free software (AGPL) ». Le même mois, le PDG de la société, Markus Rex, ancien dirigeant de SUSE, évoque déjà de possibles extensions propriétaires ou payantes pour les entreprises.

Le modèle qui s’installe porte un nom : l’open core, un cœur libre entouré de fonctions réservées aux clients payants. En 2014, l’édition Entreprise d’ownCloud est publiée sous licence privée. Pour la rendre possible, ownCloud exige des contributeurs la signature d’un accord de contributeur. Celui-ci permet à la société de proposer leur code à ses clients sous une autre licence que l’AGPL, contre de l’argent ; selon elle, cela aide à payer ceux qui écrivent le code. C’est précisément ce que Nextcloud rejettera.

2016 : la scission

Le 27 avril 2016, Karlitschek annonce qu’il quitte ownCloud Inc. Il reproche à la société de ne pas assez reconnaître le travail de la communauté, près de mille contributeurs en six ans selon lui, et de trop décider en interne. Dans les semaines suivantes, plusieurs figures de l’entreprise, dont Jos Poortvliet, partent à leur tour, sans guère s’expliquer publiquement.

À qui appartient la communauté ? À qui appartient ownCloud lui-même ? Et qu’est-ce qui compte le plus, l’argent à court terme ou la responsabilité et la croissance à long terme ?

— Frank Karlitschek, fondateur d’ownCloud, en quittant ownCloud Inc. le 27 avril 2016 (traduction de la rédaction)

Le 2 juin 2016, Karlitschek annonce le fork, c’est-à-dire une copie du code qui part dans une nouvelle direction. Avec la plupart des techniciens du cœur, il redémarre le projet sous le nom de Nextcloud, adossé à une nouvelle société, Nextcloud GmbH. Ses promesses tranchent avec l’ère ownCloud : plus d’accord de licence imposé aux contributeurs, plus de double licence, une marque confiée à une fondation indépendante et des parts détenues par les salariés. Un ami de longue date, l’entrepreneur Niels Mache, apporte un investissement à sept chiffres.

Contributeurs historiques d’ownCloud sur la scène de la première Nextcloud Conference, en septembre 2016, trois mois après la scission. Photo de WikipedianUser, licence CC BY-SA 4.0 — via Wikimedia Commons

La version d’ownCloud est tout autre. Le jour même, son communiqué dénonce des développeurs « recently poached », débauchés selon la société, et annonce que ses prêteurs américains ont coupé leur crédit : ownCloud Inc. ferme et licencie 8 salariés. La société allemande ownCloud GmbH n’est pas directement touchée, et le texte met en avant la fondation en préparation pour la communauté. Faute de code publié à ce stade, le PDG d’ownCloud Inc., Markus Rex, qualifie Nextcloud de « vaporware », du vent. Fortune, citant des sources anonymes, avance une autre lecture : un gros investissement stratégique aurait capoté avec le départ de Karlitschek, sur fond de cofondateurs en désaccord sur le contrôle et la stratégie.

Les faits ont vite départagé les pronostics. Une première version de Nextcloud sort moins de deux semaines après la scission. En juillet 2016, le chroniqueur de The Register juge que les départs ont laissé l’original comme une coquille vide et que Nextcloud finira probablement par l’emporter, grâce au soutien de la communauté. La contre-version existe : en 2018, Klaas Freitag, alors développeur chez ownCloud, estime que plus de 80 % des lignes modifiées du client de bureau de Nextcloud viennent de développeurs d’ownCloud.

Six mois après sa création, Nextcloud se déclare rentable. Dans ce billet, Karlitschek revendique un logiciel 100 % libre, sans fonctions propriétaires réservées aux entreprises, et reconnaît avoir échoué à trouver cet équilibre chez ownCloud. Il se dit aussi entièrement autofinancé, sans dépendre d’aucun investisseur extérieur. Nous retenons une formule plus exacte : pas de capital-risque, mais un investissement privé au démarrage, celui de Niels Mache.

Des fichiers à la suite complète

Le virage décisif date de janvier 2020 avec Nextcloud Hub, qui associe les fichiers à une suite bureautique en ligne, ONLYOFFICE, dans une plateforme de travail en équipe. ZDNet y voit une offensive contre Google Docs et Office 365, tout en résumant le compromis : reprendre le contrôle, c’est aussi plus de travail pour l’informatique interne. La bureautique intégrée, baptisée Nextcloud Office, s’appuie ensuite sur Collabora Online. Puis vient un assistant d’IA que Nextcloud présente comme le premier assistant local intégré à toute sa suite.

Nextcloud franchit un pas de plus en 2026. Le 27 mars, Nextcloud et l’hébergeur IONOS annoncent Euro-Office, un fork d’ONLYOFFICE, l’éditeur partenaire de Nextcloud depuis 2018. La riposte est rapide : ONLYOFFICE suspend le partenariat et accuse Euro-Office de violer sa licence, en relevant que le communiqué de Nextcloud ne le mentionne pas une seule fois. Nextcloud répond que le projet a publié son analyse juridique sur GitHub, regrette la fin de la collaboration et espère un revirement. En juin, Karlitschek tient le litige pour réglé ; ONLYOFFICE dément tout accord.

Depuis juin 2026, Nextcloud propose Euro-Office dans sa suite bureautique, au même rang que Collabora. En septembre, l’éditeur a annoncé un client de bureau, promis alors pour les semaines suivantes. Martha Bennett, analyste du cabinet Forrester interrogée par Computerworld, juge toutefois qu’Euro-Office n’a pas encore fait ses preuves à l’échelle des grandes entreprises, comme toutes les alternatives libres. Le partenaire bureautique choisi au lancement de Nextcloud Hub, en 2020, est devenu un adversaire en 2026.

Notre relevé : Microsoft 365 pièce par pièce

Nous avons confronté treize produits de Microsoft 365 à leurs équivalents chez Nextcloud, en lisant la licence et les prérequis sur chaque dépôt officiel. OneDrive et SharePoint trouvent leur pendant dans Fichiers, Teams dans Talk, et Outlook dans Mail, Agenda et Contacts. Word, Excel et PowerPoint répondent à Nextcloud Office, Planner à Deck, Forms à Forms, OneNote à Collectives, Lists à Tables, Whiteboard à Whiteboard et Copilot à Assistant. La plupart des dépôts relevés, comme Mail ou Assistant, affichent la licence AGPL-3.0.

La prise de rendez-vous de l’agenda de Nextcloud, ici dans la version 30 : l’une des briques qui répondent à Outlook. Capture d’écran de Valerio Bozzolan, logiciel Nextcloud sous licence AGPL — via Wikimedia Commons

Le relevé montre surtout ce que la comparaison terme à terme cache. Nextcloud Mail est un client : son dépôt invite à brancher n’importe quel compte de messagerie standard (IMAP) et, pour héberger son propre serveur de courriel, renvoie vers Mail-in-a-Box, Stalwart ou Dovecot. L’équivalent d’Exchange n’est donc pas fourni d’origine. La bureautique exige un service dédié qui tourne à côté du serveur web. L’assistant d’IA, enfin, ne fait rien seul : ses tâches dépendent du fournisseur d’IA qu’on lui branche.

Talk illustre le mieux l’écart. Sa documentation explique que les appels fonctionnent de pair à pair : chaque participant envoie son flux à tous les autres. Une vingtaine de personnes, vidéo coupée et sur un réseau rapide, est donc un maximum pour une installation ordinaire. Au-delà, la documentation propose le « High Performance Back-end », un produit partenaire qui redistribue les flux vidéo et prend aussi en charge la signalisation, c’est-à-dire la mise en relation des participants. Pour un usage en entreprise, elle renvoie vers l’équipe commerciale. Le serveur de signalisation autonome conçu pour Talk par Struktur AG est, lui, publié sous licence AGPL-3.0 : nous le faisons tourner nous-mêmes.

À notre avis, Nextcloud remplace bien Microsoft 365 application par application, mais il se livre comme un jeu de construction, pas comme une suite prête à l’emploi. Interrogé par Clubic en novembre 2025 sur l’absence de serveur de messagerie natif et une expérience mobile jugée en retrait, Karlitschek répond que le frein est l’adoption, pas la capacité technique. Pour le courriel, il met en avant un partenariat avec Open-Xchange et l’intégration du serveur de courriel Stalwart. Pour une petite structure, la différence se joue dans l’installation et l’entretien de ces briques.

Un modèle libre, des promesses à nuancer

Le modèle économique repose sur l’abonnement, pas sur le code. Nextcloud se présente comme rentable, sans capital-risque, avec environ 170 salariés en 2026. L’entreprise annonce pour 2025 des commandes en hausse de plus de 50 % et plus de deux millions de nouveaux utilisateurs professionnels, des chiffres qu’elle déclare sur elle-même. Pour son offre de fichiers, sa grille publique démarre à 100 utilisateurs, de 71,29 à 204,75 euros par utilisateur et par an. Seul le palier le plus cher inclut l’assistant d’IA dans l’abonnement, l’application restant libre pour tous.

Toutes les promesses de 2016 n’ont pas résisté au temps. La marque n’appartient pas à une fondation indépendante : elle est déposée par Nextcloud GmbH. Et si le logiciel reste entièrement libre, le code limite les notifications gratuites envoyées aux téléphones par l’éditeur aux instances de moins de 1 000 utilisateurs. Au-delà, le code recommande l’édition Enterprise.

Ces notifications transitent par les serveurs de Nextcloud GmbH, ce qui a fâché des administrateurs, inquiets au regard du RGPD. En mai 2023, Jos Poortvliet, de Nextcloud, leur a répondu que le relais ne transmet à Nextcloud GmbH ni l’adresse IP des appareils des utilisateurs ni aucune autre donnée personnelle. Il les a renvoyés vers le service commercial de Nextcloud GmbH pour un éventuel contrat, puis a clos la discussion : le logiciel fonctionne comme prévu, et la question relève des juristes, pas des ingénieurs. À notre avis, ces limites restent loin de l’open core d’ownCloud, car le code qui les fixe reste libre. Elles montrent toutefois qu’un logiciel entièrement libre peut réserver certains services aux abonnés.

Sécurité : transparence et accrocs

Sur la sécurité, Nextcloud a longtemps fait de la transparence un argument. En 2019, l’éditeur a doublé ses primes aux failles, jusqu’à 10 000 dollars pour une faille d’exécution de code à distance. Karlitschek demandait alors s’il était sage de confier ses données à une entreprise qui n’ose pas exposer son produit à un tel examen. En avril 2026, Nextcloud a pourtant suspendu ces primes à titre temporaire, quelle que soit la gravité de la faille, en invoquant un afflux de rapports illégitimes générés par IA. Les signalements valides restent traités et crédités.

Le chiffrement de bout en bout a connu son revers. En 2024, quatre cryptographes de l’ETH Zurich et du King’s College de Londres ont décrit trois attaques qui permettaient à un serveur malveillant de lire et de modifier des fichiers censés lui être illisibles. Nextcloud a corrigé deux failles et désactivé le partage chiffré en attendant une refonte. Son avis officiel sur l’une d’elles la classe toutefois en gravité modérée (« Moderate »), quand les chercheurs jugent l’attaque triviale.

La documentation, elle, ne cache rien. Le chiffrement côté serveur ne protège ni d’un serveur compromis ni d’un administrateur malveillant : dans son mode par défaut, ce dernier peut déchiffrer les fichiers de chacun. En février 2025, le BSI, l’agence fédérale allemande de cybersécurité, a publié un audit mené avec le cabinet mgm security partners : il a trouvé plusieurs failles, dont un contournement de la double authentification. Le BSI souligne que l’équipe de développement a réagi rapidement.

L’année 2026 a apporté deux incidents d’une autre nature. En juillet, Cybernews a révélé qu’une base interne de Nextcloud GmbH était restée ouverte : 367 000 enregistrements, dont des factures et des contrats. L’éditeur l’a fermée et assure que son logiciel et les serveurs de ses clients ne sont pas concernés. Puis une faille de l’application Collabora « Built-in CODE » a été exploitée à partir du 10 septembre pour déposer des portes dérobées sur des serveurs Nextcloud. Collabora a publié la version corrigée dès le lendemain, mais son avis de sécurité n’a paru que le 14 octobre. Les serveurs Collabora installés à part n’étaient pas touchés.

L’entretien, talon d’Achille

L’entretien reste le point faible pour qui s’auto-héberge sans informaticien. La documentation prévient qu’on ne peut pas sauter de version majeure, et chaque mise à jour impose de vérifier la compatibilité des applications tierces. Avec plusieurs versions majeures par an, un rythme que nous avons analysé dans un précédent article, la charge est réelle. La version communautaire reste gratuite, mais son entretien se paie en temps.

Les témoignages d’utilisateurs aguerris vont dans le même sens. Le blogueur Herman Õunapuu mesure de 15 à 20 Mo de JavaScript au chargement d’une page, 4 à 5 Mo une fois compressés, et trouve l’interface lente même sur du bon matériel. Il a déjà remplacé les applications Tâches et Photos par d’autres logiciels, mais garde Nextcloud pour sa commodité. Neil Brown, utilisateur depuis l’époque d’ownCloud, a annoncé en février 2026 qu’il abandonnait Nextcloud. Il trouvait depuis longtemps que le logiciel voulait trop en faire, mais ce n’est pas ce qui l’a fait partir : ce sont des problèmes de synchronisation à répétition.

Des administrations qui franchissent le pas

Le siège de la Cour pénale internationale, à La Haye. La Cour a choisi en 2025 la suite publique openDesk, dont Nextcloud gère les fichiers. Photo de Ymblanter, licence CC BY-SA 4.0 — via Wikimedia Commons

Les grandes administrations ont pourtant franchi le pas. Dès 2018, l’État fédéral allemand retient Nextcloud, sous-traitant de l’intégrateur Computacenter, pour environ 300 000 utilisateurs. Le logiciel est aujourd’hui la brique de partage de fichiers d’openDesk, la suite publique allemande. C’est openDesk que la Cour pénale internationale a choisie en octobre 2025 pour environ 1 800 postes, après l’affaire de la messagerie coupée de son procureur. Microsoft maintient n’avoir jamais suspendu ses services à la Cour elle-même. En février 2026, il s’est toutefois excusé auprès du Parlement britannique : l’un de ses représentants y avait affirmé, de façon inexacte, que la Cour, et non Microsoft, avait décidé de couper cette messagerie.

Le mouvement gagne les Länder allemands. Le Schleswig-Holstein remplace pas à pas SharePoint par Nextcloud. Sa messagerie a, elle, quitté Exchange et Outlook pour les logiciels libres Open-Xchange et Thunderbird, une bascule achevée le 2 octobre 2025. En septembre, le syndicat de police GdP avait jugé la mise en œuvre désastreuse, et les chefs de juridiction avaient alerté sur une atteinte massive au fonctionnement des tribunaux. Le ministre du Numérique, Dirk Schrödter, s’est excusé par écrit auprès des agents ; la ministre de l’Intérieur, Sabine Sütterlin-Waack, a maintenu que la décision était la bonne. Pour la plateforme scolaire des six Länder, Karlitschek résume : pas besoin de subventions, seulement de clients phares.

En France, Nuage revendique 400 000 comptes actifs pour un budget inférieur à deux millions d’euros par an. Son responsable, Benoît Piédallu, chef de projet national des services numériques au ministère, en reconnaît les limites. En open source, « nous devons tout faire nous-mêmes » ; la bureautique Collabora suscite des résistances, et l’usage n’est pas obligatoire. L’État ne parle pas d’une seule voix : la direction interministérielle du numérique (DINUM) déploie pour La Suite numérique son propre outil de fichiers, construit sans Nextcloud. Nous n’avons trouvé aucune explication officielle de ce choix.

Microsoft, lui, augmente ses prix. Il a annoncé une hausse du prix de ses abonnements professionnels au 1er juillet 2026, en la justifiant par de nouvelles fonctions d’IA, de sécurité et d’administration. Nextcloud a retiré en octobre 2025 sa plainte déposée en 2021 auprès de la Commission européenne contre Microsoft, faute de progrès. Le 10 juin 2025, le directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France a été interrogé sous serment au Sénat. Pouvait-il garantir que les données de citoyens confiées via la centrale d’achat public Ugap ne seraient jamais transmises sur injonction américaine sans accord français ? Sa réponse : « Non, je ne peux pas le garantir, mais, encore une fois, cela ne s’est encore jamais produit. »

Et ownCloud ?

L’éditeur historique a réécrit son serveur dans le langage Go à partir de 2018, en invoquant les limites de l’architecture PHP d’ownCloud et des logiciels qui en dérivent. En novembre 2023, il passe sous le contrôle de l’américain Kiteworks. En janvier 2025, le groupe Heinlein lance OpenCloud, une nouvelle copie du code confiée à une filiale qui devrait réunir plus d’une douzaine d’anciens développeurs d’ownCloud. Le PDG de Kiteworks, Jonathan Yaron, menace alors de poursuivre Peer Heinlein en justice : « We love open source, but we won’t let anyone steal from us ». OpenCloud dit ne reprendre que le code public, et Peer Heinlein nie avoir provoqué ces départs.

Kiteworks reconnaît lui-même, en mai 2026, une histoire d’ownCloud marquée par des cycles de croissance et de scission. Il crée un service dédié au libre et abandonne l’accord de contributeur au profit d’une simple attestation d’origine du code. Il engage aussi le passage de ses dépôts de l’AGPL à la licence Apache 2.0, moins exigeante pour qui réutilise le code. Côté utilisateurs, le service universitaire allemand sciebo annonçait en mars 2025 la migration de ses comptes, répartis sur environ 45 instances, d’ownCloud 10, arrivé en fin de vie, vers Nextcloud.

Ce que nous en retenons

Cette enquête nous enseigne qu’une communauté ne se possède pas. Face à Nextcloud, ownCloud avait l’argent, la marque et l’avance. Nextcloud a pourtant emporté la plupart des développeurs du cœur en promettant de ne plus réserver de fonctions propriétaires aux clients payants, et tient pour l’essentiel cette promesse dix ans plus tard. Ses défauts sont réels : un rythme de versions éprouvant, une interface parfois lourde, des promesses de 2016 non tenues, une sécurité qui a connu des accrocs. À notre avis, la différence tient à ce qu’ils sont documentés et discutés en public, sources à l’appui, quand le code d’une suite fermée reste hors de portée des regards extérieurs.

Ce sujet, nous ne le traitons pas en simples observateurs. Azure Informatique utilise Nextcloud sur ses propres serveurs depuis plus de cinq ans. Nous en exploitons notamment la bureautique en ligne, Talk avec son serveur de signalisation et l’assistant d’IA. Cette pratique nous a donné une expertise de l’outil. Nous l’avons installé chez des personnes que nous avons accompagnées, et il leur donne aujourd’hui satisfaction. C’est pourquoi nous le recommandons, sans en taire les exigences.

Pour une TPE, une association ou une petite collectivité, nos conseils sont simples. Choisissez l’installation tout-en-un de Nextcloud ou un hébergeur européen de confiance, et gardez une version majeure de retard le temps des premiers correctifs. Nextcloud destine l’application « Built-in CODE » aux petites équipes ; nous préférons un serveur de bureautique dédié, Collabora ou ONLYOFFICE. Si vous l’utilisez, passez-la au moins en version 26.4.303 ou supprimez-la, puis cherchez des fichiers suspects. Ne comptez pas sur le chiffrement côté serveur face à l’administrateur, et prévoyez une messagerie hébergée à part. Notre accompagnement bénévole et gratuit peut vous aider à franchir le pas, dans la mesure de nos disponibilités.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle, faits confrontés aux sources ci-dessus. En savoir plus

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