5 novembre 20264 min de lecture
Flus 3.0 : la plateforme de veille libre range ses flux RSS en fils thématiques
Flus, plateforme libre de veille sur le Web, est passée en version 3.0 le 12 octobre 2026. L’outil réunit trois usages souvent éclatés : un agrégateur de flux RSS, une liste « à lire plus tard » et des collections de signets partagés. Un flux RSS est un fichier qu’un site publie pour annoncer ses nouveautés ; on les suit sans avoir à visiter le site. Flus s’utilise en ligne ou s’installe sur son propre serveur. Son développeur a présenté cette version dans une dépêche publiée sur LinuxFr le 4 novembre 2026.
Le code est publié sous licence AGPLv3. Cette licence libre impose de partager les modifications, y compris quand le logiciel tourne sur un serveur en ligne. Marien Fressinaud, à l’origine de FreshRSS, développe Flus depuis 2020. Il le décrit comme une combinaison de FreshRSS pour les flux, de wallabag pour la lecture différée et de Shaarli pour les signets, en précisant que la ressemblance n’est pas totale. Écrit en PHP, Flus repose sur Minz, un cadriciel maison, c’est-à-dire une base de code réutilisable. PostgreSQL est la seule base de données prise en charge.
Des fils pour trier ses flux RSS
La principale nouveauté s’appelle les fils thématiques. Ils jouent le rôle des dossiers ou des catégories des autres agrégateurs : on y range flux, collections et signets selon le sujet suivi. Un fil peut aussi être partagé. Le site GoodTech.info, qui a fait de Flus son logiciel libre du mois d’octobre 2026, souligne que ce tri se passe d’une intelligence artificielle opaque. Le classement reste ainsi entre les mains du lecteur.
Le moteur de recherche gagne en finesse. Il additionne des mots avec l’opérateur AND, accepte l’un ou l’autre avec OR et écarte un terme avec NOT. La recherche sert aussi de filtre à l’intérieur des fils. Une nouvelle page « Sources » permet de gérer tous ses abonnements au même endroit. Enfin, une barre d’édition aide à mettre en forme son texte en Markdown, une syntaxe de mise en page simple, sans en mémoriser les codes. Le carnet officiel du projet détaille chacune de ces fonctions.
L’installer sur son serveur
Selon la documentation d’installation, l’opération est assez simple mais demande des notions de base en administration système. La machine doit disposer de git, du serveur web Nginx, du gestionnaire de dépendances Composer, de PHP 8.2 ou d’une version ultérieure, et de PostgreSQL 13 ou supérieur. Flus doit être servi en HTTPS, la version chiffrée du protocole du Web. D’autres configurations peuvent fonctionner, sans être officiellement prises en charge. Aucune image Docker de production, c’est-à-dire un paquet prêt à déployer, n’est fournie.
Les mises à jour demandent de l’attention. Les notes de version de la 3.0.0 rappellent qu’une migration devait être appliquée à la main lors du passage à la 2.5.0. Si ce n’est pas fait, une commande est à lancer avant d’installer la 3.0.0. À notre avis, enchaîner les versions sans lire ces notes expose à des erreurs. Nous conseillons de sauvegarder la base PostgreSQL avant chaque mise à jour, puis de vérifier qu’on sait la restaurer.
Un modèle économique à consolider
Le service hébergé sur flus.fr fonctionne à prix libre, entre 0 et 120 € par an. GoodTech.info y voit un modèle tarifaire fondé sur la confiance mutuelle, qui refuse de monétiser les données des abonnés. Ces revenus restent modestes : le développeur ne consacre qu’une semaine sur deux au projet. Il passe le reste de son temps chez Probesys, une société coopérative et participative (SCOP).
Pour élargir ses ressources, Marien Fressinaud prépare une offre « Pro » pour le premier semestre 2027. Elle vise notamment les entreprises, les associations et les universités. Il espère ainsi dépasser enfin le seuil des 5 000 € de chiffre d’affaires annuel. Chaque organisation aurait ses propres collections et ses propres fils, partagés entre ses membres, ainsi qu’un support prioritaire. Certaines fonctions pourraient être réservées à l’offre Pro dans la version en ligne. Toutes les fonctions développées dans ce cadre seront sous licence libre AGPLv3, assure-t-il. La feuille de route 2027 promet aussi que le service restera ouvert aux particuliers et aux petites équipes.
Bien entendu, il n’est pas question de stopper le service pour les particuliers ou les petites équipes
À notre avis, Flus convient aux particuliers, aux associations et aux petites structures qui suivent de nombreux sites et veulent trier leur veille eux-mêmes. Sans compétences d’administration système, le service en ligne à prix libre reste la voie la plus simple. Avant de choisir l’auto-hébergement, assurez-vous de savoir tenir PHP et PostgreSQL à jour. Lisez ensuite les notes de chaque version et surveillez ce que l’offre Pro réservera à la version en ligne en 2027.
- LinuxFr.org — Flus sort en 3.0 (4 novembre 2026)
- Flus — Flus 3.0, carnet du projet (12 octobre 2026)
- Flus — Feuille de route 2027 (16 octobre 2026)
- GoodTech.info — Flus 3.0 : la plateforme de veille libre fait le ménage dans vos flux RSS (15 octobre 2026)
- GitHub — dépôt officiel flusio/Flus
- GitHub — Flus, documentation de mise en production
- GitHub — Flus, notes de version 3.0.0 (12 octobre 2026)
Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle, faits confrontés aux sources ci-dessus. En savoir plus
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