7 novembre 20264 min de lecture
Robots.txt : quatre acteurs de l’IA promettent de respecter un même refus d’entraînement
Le 30 octobre 2026, Google, Microsoft, Anthropic et OpenAI ont annoncé qu’ils respecteraient une même ligne du fichier robots.txt pour refuser l’entraînement de leurs intelligences artificielles (IA). Ce petit fichier texte, placé à la racine d’un site web, indique aux robots d’exploration ce qu’ils peuvent visiter. Pour une association, une TPE ou un particulier qui publie un site, exprimer ce refus devient plus simple. Le signal reste pourtant facultatif, tardif chez plusieurs signataires et sans effet sur les modèles déjà entraînés.
Jusqu’ici, un éditeur qui refuse l’entraînement sur ses données doit viser chaque robot séparément, rappelle Next dans son analyse publiée le 6 novembre 2026. Chaque entreprise a son propre nom : GPTBot chez OpenAI, Google-Extended chez Google. Le nouveau jeton, un mot-clé baptisé « __usage_ai-training », remplace cette liste par une seule entrée, lue par tous les acteurs qui s’y engagent. Un même refus vaut alors pour plusieurs plateformes à la fois.
Ce jeton est défini dans un brouillon soumis à l’IETF, l’organisme qui élabore les normes techniques d’Internet. Son auteur, Kevin Kelley, est ingénieur chez Anthropic. Le texte n’invente aucune nouvelle commande : le jeton prend la place du nom d’un robot sur la ligne « User-Agent », puis viennent les chemins refusés ou permis. C’est une contribution individuelle, que l’IETF n’a pas approuvée et qui n’a aucune valeur formelle dans son processus de normalisation.
Des calendriers en ordre dispersé
Les quatre entreprises n’avancent pas au même rythme. Au 2 novembre 2026, Anthropic prenait déjà en charge le jeton, d’après le site d’actualités Resultsense. OpenAI promet de s’y mettre dans les prochains mois et maintient ses contrôles actuels. Google vise une prise en charge en 2027, avec d’autres fournisseurs d’IA. Microsoft fixe l’entrée en vigueur de ses nouvelles préférences au 1er février 2027, au fil du passage de ses robots.
Google ajoute une règle de conversion. Un site qui refuse l’entraînement avec le jeton commun sera traité comme s’il avait refusé Google-Extended, le contrôle maison du moteur. Or les sites qui autorisent explicitement Google-Extended peuvent apparaître dans les réponses des applications Gemini et recevoir des clics, indique son blog pour développeurs. Qui tient à cette visibilité doit donc examiner ce point avant de modifier son fichier.
Microsoft distingue de son côté deux usages sur le blog de Bing. L’entraînement modifie les paramètres appris d’un modèle d’IA générative. L’« ancrage », lui, fournit un contenu en entrée pour nourrir une réponse rédigée par l’IA. Faute de règle publiée, les deux usages restent autorisés par défaut. Ces préférences remplaceront les anciennes balises NoArchive et NoCache, sans modifier l’admissibilité aux résultats classiques de Bing.
Les éditeurs ne devraient pas avoir à choisir entre être visibles dans Bing et décider de la manière dont les modèles génératifs utilisent leur travail.
Un signal sans contrôle ni sanction
Le dispositif a des limites de taille, que relève Next. Il est déclaratif et ne lie que les fournisseurs qui s’y engagent ; or Apple, Amazon et Meta ne l’ont pas fait. Il ne concerne que les contenus récupérés après son ajout et ne retire rien des modèles déjà entraînés. Le brouillon va dans le même sens : seules comptent les préférences du fichier en vigueur au moment de la collecte. Enfin, rien n’est prévu pour contrôler ni sanctionner. Un éditeur n’a aucun moyen de vérifier qu’un contenu refusé n’a pas servi.
Deux détails techniques peuvent piéger les administrateurs. Le groupe générique, qui désigne tous les robots par une étoile, ne vaut pas refus d’entraînement : il faut nommer le jeton explicitement. Celui-ci ne règle pas non plus l’exploration du site par les robots. Des accords privés peuvent en outre primer sur ces préférences. Côté Microsoft, aucun choix ne garantit l’inclusion, le trafic ou une rémunération.
Que faire sur son site
Contre les robots qui n’en tiennent pas compte, le fichier ne suffit pas : rien n’oblige ceux qui ignorent déjà robots.txt à lire le jeton, souligne Next. Un outil libre peut prendre le relais : Anubis, publié sous licence MIT. Ce pare-feu pour le web soumet chaque connexion à une ou plusieurs épreuves afin d’arrêter les robots d’IA. Son dépôt le qualifie lui-même de réponse radicale : il peut bloquer de petits robots et gêner des robots utiles, comme celui d’Internet Archive. À notre avis, il s’adresse surtout aux sites dont on administre soi-même le serveur.
Pour un site de TPE, d’association ou de particulier, ajouter le groupe « __usage_ai-training » suivi d’un refus général tient en deux lignes et ne coûte rien. Ce groupe ne remplace pas encore les règles écrites pour chaque robot : tant que Google, Microsoft et OpenAI n’appliquent pas le jeton, mieux vaut les conserver. Si votre visibilité dans Gemini compte, vérifiez d’abord l’effet du changement sur Google-Extended. Les sites qui comptent sur NoArchive ou NoCache auprès de Microsoft doivent publier leurs nouvelles préférences d’ici au 1er mars 2027. Dans la mesure de nos disponibilités, nous pouvons aider à relire un fichier robots.txt, dans le cadre de notre accompagnement bénévole et gratuit.
- Next — Google, Microsoft, Anthropic et OpenAI veulent changer robots.txt pour refuser les IA (6 novembre 2026)
- Google Search Central — annonce d’un contrôle partagé de l’entraînement de l’IA dans robots.txt (30 octobre 2026)
- Microsoft Bing — Your content, your choice: clearer preferences for training and grounding (30 octobre 2026)
- IETF — Machine-Readable Training Preference Signal, draft-kelley-aipref-training-preference-signal-00 (30 octobre 2026)
- IETF Datatracker — fiche du brouillon draft-kelley-aipref-training-preference-signal (30 octobre 2026)
- Resultsense — Big AI firms back a shared opt-out signal for AI training (2 novembre 2026)
- mind Media — Entraînement des IA : Google, OpenAI, Anthropic et Microsoft proposent un opt-out simplifié via robots.txt (2 novembre 2026)
- GitHub — TecharoHQ/anubis, dépôt du projet
- GitHub — fichier LICENSE du projet Anubis
Qu’avez-vous pensé de cet article ?
Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle, faits confrontés aux sources ci-dessus. En savoir plus
À lire aussi
Tous les articles « Intelligence artificielle »
Intelligence artificiellePostman a installé d’office ses extensions dans Claude Code et Codex
Une mise à jour automatique du client d’API Postman a modifié la configuration de Claude Code et Codex, deux agents de programmation, et a installé un script de démarrage dans Codex. Aucune fuite de données n’est démontrée, mais l’utilisateur n’avait rien accepté. L’éditeur promet plus de clarté ; Bruno et Hoppscotch offrent des alternatives libres.
4 min de lecture
Intelligence artificiellePostgreSQL 19 attendu le 19 novembre, retardé par l’afflux de bugs trouvés par l’IA
D’ordinaire publiée avant la mi-octobre, la nouvelle version majeure du gestionnaire de bases de données libre n’arrivera que le 19 novembre 2026. Les intelligences artificielles débusquent des bugs plus vite que les relecteurs ne peuvent les traiter, et le projet a dû retirer plusieurs nouveautés.
4 min de lecture
Intelligence artificielleProton : des salariés décrivent une IA imposée, le patron recule en partie
Demande de test de sécurité balayée, logiciel qui mesure le code produit par l’IA, fin annoncée des embauches d’ingénieurs : une enquête de 404 Media décrit un virage brutal chez Proton, l’éditeur de Proton Mail. Le patron, Andy Yen, a reculé sur un point sans changer de cap. Pour les utilisateurs, la question est celle de la confiance.
4 min de lecture
Parlons de votre besoin
Aide entièrement gratuite et bénévole, selon nos disponibilités. Professionnel ou particulier, la démarche est la même.