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27 octobre 20265 min de lecture

Tesco semble remplacer VMware par Proxmox dans ses magasins : ce que révèle une annonce d’emploi, et ce qu’il faut en retenir

Une annonce d’emploi suffit parfois à révéler un virage stratégique. Le 26 octobre 2026, The Register a rapporté que le géant britannique de la distribution Tesco semble avoir décidé de remplacer VMware par Proxmox dans ses magasins. L’enseigne, qui en exploite plus de 5 000 dans le monde, n’a rien annoncé : le signal tient à une annonce de recrutement. Mais il tombe au cœur d’un procès qui oppose Tesco à Broadcom, propriétaire de VMware, après la fin du support de licences que l’enseigne avait achetées à titre perpétuel. L’histoire dépasse la grande distribution : elle pose une question que se posent aussi les petites structures, celle de ce que l’on possède réellement quand on achète un logiciel.

Ce que révèle l’annonce

D’après The Register, l’annonce vise à recruter un responsable de l’ingénierie logicielle (Head of Software Engineering) pour la plateforme « edge » de Tesco, c’est-à-dire l’informatique installée dans les magasins eux-mêmes. La personne recrutée devrait piloter la migration de VMware vers Proxmox sur l’ensemble de ce parc. L’enjeu est loin d’être théorique : selon It’s FOSS, qui relaie l’information, les caisses, les paiements, la gestion des stocks et les applications destinées au personnel en dépendent. Une erreur se verrait donc jusqu’à la caisse.

Photo de Billy McCrorie, licence CC BY-SA 2.0 — via Wikimedia Commons (Geograph)

Il faut toutefois garder la mesure. Il s’agit d’une annonce d’emploi, pas d’un communiqué : It’s FOSS relève que Tesco n’a pas dit combien de magasins sont concernés ni à quelle vitesse le déploiement se ferait, et que cette annonce est, pour l’instant, le seul signe public du projet. The Register rapporte par ailleurs une rumeur, non confirmée, selon laquelle Tesco adopterait Hyper-V, de Microsoft, pour ses charges de travail principales. Quant à VMware, il a indiqué au journal qu’il ne considère pas Tesco comme une cause perdue. Le sens du vent paraît clair ; son ampleur, elle, ne l’est pas.

Un procès contre Broadcom autour de licences perpétuelles

Le contexte est un litige. D’après The Register, Tesco avait acquis des licences VMware perpétuelles par un contrat de janvier 2021, c’est-à-dire des licences achetées une fois pour toutes plutôt que louées par abonnement, avec des services de support et des mises à jour jusqu’en 2026. L’enseigne soutient que VMware reste tenu d’assurer le support des logiciels acquis sous licence perpétuelle et d’en mettre certains à niveau ; VMware répond qu’il ne produit plus le logiciel vers lequel Tesco veut passer. Le journal rapporte aussi que Tesco accuse Broadcom, qui a racheté VMware, d’abuser de sa position sur le marché. Ce sont des allégations de l’enseigne : le tribunal ne les a pas tranchées, et nous les présentons comme telles.

Les licences de Tesco étaient perpétuelles, mais le support de Broadcom, lui, s’est arrêté en janvier 2026.

Faute de support de la part de Broadcom, Tesco s’est tournée vers des fournisseurs tiers pour son parc VMware. Selon l’enseigne, lors des négociations, VMware lui a fait une proposition équivalant à une hausse de prix de 175 %. Dans un article du 17 juin 2026, The Register précise qu’une des propositions de Broadcom réclamait 23,5 millions de dollars (environ 17,4 millions de livres) pour un an de VMware Cloud Foundation 9.0 ; Tesco qualifie ces hausses de manifestement injustes et excessives. Ces chiffres sont ceux de l’enseigne, et la défense modifiée de Broadcom rejette cette présentation. Des dirigeants de Broadcom ont par ailleurs confié au journal leur très forte réticence à prolonger le support d’anciens produits, et leur nette préférence pour faire passer leurs utilisateurs à des abonnements à Cloud Foundation, le produit phare du groupe.

Proxmox VE : une sortie possible, mais pas immédiate

L’alternative visée est libre. Proxmox Virtual Environment (Proxmox VE) se présente comme une plateforme de gestion de serveurs complète et open source pour la virtualisation en entreprise. Elle intègre l’hyperviseur KVM, le logiciel qui fait tourner plusieurs machines virtuelles sur un même serveur, ainsi que les conteneurs Linux (LXC), une autre manière d’isoler des services sur une même machine. Selon la FAQ du projet, son code est publié sous la licence GNU Affero General Public License, version 3, une licence libre. Le logiciel est édité par une société autrichienne, qui vend par ailleurs des abonnements de support.

Le libre ne dispense pourtant pas de réfléchir au support. The Register cite un analyste qui juge Proxmox techniquement solide, mais prévient que ses futurs utilisateurs devront trouver un partenaire pour assurer ce support. Jusqu’en septembre 2026, l’éditeur n’assurait en effet son assistance qu’aux heures ouvrées en Autriche ; il a alors annoncé une assistance 24 h/24 et 7 j/7 pour les entreprises. Sa page de prix indique qu’elle est disponible depuis le 19 octobre 2026 pour l’abonnement Premium, et qu’elle le sera d’ici à la fin de 2026 pour l’abonnement Standard. Pour une enseigne de cette taille comme pour un cabinet de quelques postes, savoir qui intervient en cas de panne compte autant que la licence du code.

Le calendrier est l’autre leçon. Tesco affirme que la fin de 2027 est la date la plus précoce à laquelle elle pourra quitter VMware, et y voit un risque sérieux pour son activité ; selon The Register, elle estime devoir migrer selon des modalités et un calendrier qui font peser des risques très importants sur ses affaires. Même pour un géant, quitter un hyperviseur ne se fait donc pas du jour au lendemain. Quant au procès, il devrait se tenir dans une période allant du 1er novembre 2027 au 25 février 2028 : d’ici là, aucune des deux thèses n’est tranchée.

Ce que les petites structures peuvent en retenir

Que retenir pour une TPE, une PME ou un particulier qui monte son propre laboratoire informatique à la maison ? D’abord, qu’une licence perpétuelle ne garantit pas un support perpétuel, comme le montre le cas de Tesco. Ensuite, qu’il vaut mieux connaître la date de fin de support de chaque produit avant qu’elle n’arrive, tenir à jour un inventaire des machines virtuelles, disposer de sauvegardes testées et d’un plan de sortie. Enfin, qu’un logiciel libre réduit la dépendance à un éditeur sans supprimer le besoin d’un support, qu’il faut alors organiser soi-même ou avec un tiers de confiance.

Ce qui vaut pour Tesco vaut, à plus petite échelle, pour un cabinet, une association ou un petit serveur installé à la maison : quelques machines virtuelles, un hyperviseur, et des licences dont la date de fin de support passe facilement inaperçue. Un hyperviseur libre comme Proxmox VE mérite d’être étudié, à condition de le tester avant de s’y engager et de savoir qui assurera le support. Si ces questions se posent chez vous, notre accompagnement bénévole et gratuit peut vous aider, dans la mesure de nos disponibilités, à faire l’inventaire de l’existant et à essayer une migration sur un petit périmètre.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude Sonnet 5.5, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessous. En savoir plus

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