30 octobre 20264 min de lecture
Stalwart 1.0 : le serveur de messagerie libre devient stable mais ferme ses tests
Le 26 octobre 2026, le projet Stalwart a publié la version 1.0 de son serveur de messagerie libre, première version stable après cinq ans de développement. Stalwart est écrit en Rust, un langage conçu pour éviter les erreurs de gestion de la mémoire. Il rassemble dans un seul programme le courrier, les agendas, les contacts et le partage de fichiers. Pour une association ou une petite entreprise qui veut héberger sa messagerie elle-même, cette étape compte.
Le dépôt du projet le présente comme un serveur de messagerie et de collaboration. Il prend en charge SMTP, le protocole d’envoi du courrier, ainsi qu’IMAP4 et POP3, qui servent à consulter sa boîte. JMAP, un protocole plus récent, remplit le même office. CalDAV, CardDAV et WebDAV synchronisent agendas, contacts et fichiers. Le code relève d’une double licence : l’édition communautaire est diffusée sous AGPL-3.0, une licence libre, la déclinaison Enterprise sous licence commerciale. Celle-ci ajoute notamment des modèles d’intelligence artificielle et un filtre antispam fondé sur l’IA.
La 1.0 indexe désormais le texte des PDF et des documents Microsoft Office. Selon l’équipe, une recherche plein texte dans une boîte de 250 000 messages répond en moins de 4 millisecondes. Surtout, le schéma de la base de données est déclaré stable : les versions suivantes se mettront à jour sur place. La FAQ précise que la série 1.x obéit à des règles sur ce que chaque type de version peut modifier.
Des performances mesurées en interne
Le billet d’annonce s’intitule « The Fastest Mail Server on the Planet », le serveur de messagerie le plus rapide de la planète. L’équipe a comparé Stalwart à Postfix 3.11.7 et Dovecot 2.4.5, le duo libre classique pour l’envoi et la consultation du courrier, sur des serveurs Azure identiques. Stalwart l’emporte dans 35 des 38 comparaisons principales. En réception SMTP, il encaisse 5 445 messages par seconde, contre 723 pour Postfix. Dovecot gagne trois tests, qui consistent tous à marquer d’un coup comme lus l’ensemble des messages d’une boîte.
Ces chiffres viennent du projet lui-même. Le magazine iX y a consacré, sur le site heise online, un compte rendu le 27 octobre 2026. Il souligne que le dépôt des mesures, avec ses scripts et ses relevés bruts, documente aussi des limites, dont des différences dans la synchronisation des données sur le disque. Nous n’avons trouvé aucune vérification indépendante. À notre avis, ces résultats donnent une tendance, pas une garantie. Pour une petite structure, la fiabilité et la simplicité d’administration pèsent davantage que le débit.
Une migration obligatoire
Un serveur 1.0 n’ouvre pas une base créée par une version antérieure. Pour les installations en 0.16, la voie la plus simple est l’outil stalwart-migrate. Il exige la version 0.16.27 : il faut donc d’abord passer à celle-ci. La première copie se fait pendant que l’ancien serveur continue de fonctionner. L’installation d’origine reste intacte et peut être relancée à tout moment avant la bascule. Ensuite, les utilisateurs connectés par OAuth, un système de connexion délégué à un fournisseur d’identité, doivent se reconnecter. L’index de recherche est reconstruit en arrière-plan.
Des tests désormais privés
Le 16 octobre 2026, l’équipe a annoncé un changement de méthode dans un billet consacré aux clones produits par IA. Ses suites de tests, ces programmes qui vérifient automatiquement le bon fonctionnement du logiciel, passent dans un dépôt privé. Les nouvelles fonctions seront elles aussi mises au point dans des dépôts fermés. Le projet l’explique ainsi : un modèle de langage, l’IA qui génère du texte et du code, sait produire un programme qui ressemble à un serveur de messagerie. Ce sont les tests qui transforment cette imitation plausible en clone vérifié.
Le projet assure que Stalwart reste sous AGPL-3.0 et que le code complet de chaque version est public le jour de sa sortie. Les tickets, les discussions et l’entraide communautaire fonctionnent comme avant. À notre avis, l’ouverture recule malgré tout. Sans les tests, un tiers aura plus de mal à vérifier une modification ou à entretenir une version dérivée. Or ce recours protège les utilisateurs si un projet libre change un jour de cap. La licence reste la même ; la pratique, elle, se referme.
Nous ne pouvons empêcher personne de soumettre notre code source à un modèle de langage.
À qui s’adresse Stalwart
Stalwart 1.0 s’adresse aux associations, TPE et particuliers déjà à l’aise avec l’administration d’un serveur. Héberger son courrier reste exigeant : réputation de l’adresse IP d’envoi, mises à jour, sauvegardes. Ceux qui utilisent une version 0.16 doivent sauvegarder données et configuration, passer en 0.16.27, puis tester la migration sur une copie. Aux nouveaux venus, nous conseillons d’attendre une ou deux versions correctives. Les structures qui préfèrent confier leur messagerie à d’autres peuvent se tourner vers les hébergeurs associatifs CHATONS.
Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessous. En savoir plus
Sources & références (7)
- Stalwart — Stalwart v1.0: The Fastest Mail Server on the Planet (26 octobre 2026)
- Stalwart — Private Tests, Public Code: Protecting Stalwart from AI Clones (16 octobre 2026)
- Stalwart — FAQ de la documentation (consultée le 30 octobre 2026)
- GitHub — dépôt stalwartlabs/stalwart et licence (consulté le 30 octobre 2026)
- heise online (iX) — Stalwart: The world’s fastest mail server? (27 octobre 2026)
- Linuxiac — Stalwart 1.0 Open-Source Mail Server Reaches Its First Stable Release (26 octobre 2026)
- selfh.st — Self-Host Weekly (30 octobre 2026)
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