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1 novembre 20264 min de lecture

Alphabet perd 500 milliards de dollars : le mode IA de Google rapporte moins de publicité

Le 29 octobre 2026, l’action d’Alphabet, la maison mère de Google, a connu la pire séance de son histoire : environ 500 milliards de dollars de valeur boursière se sont évaporés en une journée. Le groupe avait publié la veille, le 28 octobre 2026, ses résultats du troisième trimestre. Sa direction désigne elle-même l’une des causes de la déception : le mode IA du moteur de recherche Google. Dans cet onglet, l’internaute enchaîne les questions avec une intelligence artificielle, comme avec un agent conversationnel.

L’ampleur exacte de la chute varie selon les médias : 12,3 % à la clôture pour Bloomberg, 12,6 % pour NBC News, 13 % pour CNBC. Le record, lui, ne fait aucun doute. Le précédent, une baisse de 11,63 %, datait de mars 2020, et jamais le titre n’avait autant reculé depuis l’entrée en Bourse de Google, en 2004. Selon NBC News, la valeur effacée représente la deuxième plus lourde perte en une séance de l’histoire boursière américaine, derrière les 589 milliards de dollars perdus par Nvidia fin janvier 2025.

Une recherche qui rapporte moins

Photo de Dietmar Rabich, licence CC BY-SA 4.0 — via Wikimedia Commons

Le problème touche la publicité liée à la recherche. Selon Bloomberg, cette activité pèse environ la moitié du chiffre d’affaires du groupe et finance ses énormes investissements dans l’IA. Ces revenus ont progressé de 12 % au troisième trimestre, à 63,35 milliards de dollars, mais sous les attentes des analystes. Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de ralentissement, après une croissance de 19,1 % au premier trimestre et de 16,8 % au deuxième. Les clics payants n’ont augmenté que de 8 % sur un an.

Devant les analystes, le 28 octobre 2026, Philipp Schindler, directeur commercial de Google, a reconnu que l’essor rapide des requêtes conversationnelles avait pesé sur les résultats, faute d’être aussi bien monétisées. Monétiser, c’est transformer une audience en revenus, ici en annonces vues et cliquées. Le dirigeant fait valoir que beaucoup de ces questions interviennent tôt dans un parcours d’achat. Elles représenteraient surtout une demande supplémentaire, non un remplacement des recherches existantes.

Sundar Pichai, PDG de Google et d’Alphabet, assume ce choix dans ses remarques publiées par Google. Il revendique une croissance annuelle des requêtes à son plus haut niveau depuis cinq ans. Dans le mode conversationnel, les questions sont en moyenne trois fois plus longues que les recherches classiques. Sa priorité reste de bâtir la meilleure expérience de recherche, la monétisation venant ensuite, comme lors du passage au mobile il y a plus de dix ans.

Plus de publicités dans le mode IA

Pour combler l’écart, Google déploie à plus grande échelle les annonces dans ses résumés générés par IA, les AI Overviews, et dans le mode IA. L’extension de ces publicités touche désormais 10 pays supplémentaires. Le Brésil, le Mexique et le Royaume-Uni doivent suivre au quatrième trimestre. Google affirme que les fiches produits sponsorisées y obtiennent déjà des taux de clics comparables à ceux des fiches non payantes.

Les investisseurs s’inquiètent aussi des dépenses. Alphabet affiche un flux de trésorerie disponible négatif de 9,07 milliards de dollars au troisième trimestre, alors que les analystes attendaient 2,7 milliards. Ce flux mesure l’argent qui reste une fois les investissements payés : négatif, il signifie que le groupe dépense plus que son activité ne rapporte. En juillet 2026, la maison mère de Google annonçait des investissements pouvant atteindre 205 milliards de dollars sur l’année, plus du double de l’an dernier.

Les analystes restent partagés. Pour Thomas Monteiro, analyste chez Investing.com cité par Bloomberg, ce trimestre sonne comme un moment de vérité : Sundar Pichai et son équipe doivent corriger la façon dont l’entreprise monétise l’IA. Scott Devitt, de Rosenblatt Securities, juge au contraire qu’Alphabet occupe une position enviable, avec ses 4 milliards d’utilisateurs de la recherche appelés à adopter l’IA. Ben Barringer, de Quilter Cheviot, pointe enfin le retard de Google sur les agents d’IA, ces assistants capables d’accomplir seuls des tâches.

Google a perdu son avance avec Gemini et accuse un retard sur ses concurrents en matière d’IA agentique.

— Ben Barringer, responsable mondial de la recherche technologique chez Quilter Cheviot (traduction de la rédaction)

Chercher sans être profilé

À notre avis, cet épisode rappelle une évidence souvent oubliée. Un moteur de recherche financé par la publicité juge aussi chaque nouveauté à ce qu’elle rapporte. Pour chercher autrement, il existe SearXNG, un métamoteur libre sous licence AGPL-3.0 : il interroge plusieurs services de recherche et regroupe leurs résultats. Ses développeurs promettent que les utilisateurs n’y sont ni pistés ni profilés. Sa limite : la qualité des réponses dépend des moteurs consultés.

Les TPE et PME qui achètent des annonces sur Google ont intérêt à suivre l’arrivée de la publicité dans le mode IA, et à mesurer ce que leurs campagnes y rapportent vraiment. Les particuliers peuvent essayer SearXNG, sur une instance publique choisie avec soin ou installée chez eux. Notre accompagnement bénévole et gratuit peut aider à faire ce premier pas, dans la mesure de nos disponibilités.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle (Claude, Anthropic), faits confrontés aux sources ci-dessus. En savoir plus

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