3 novembre 20265 min de lecture
Airzone et Withings font payer des fonctions connectées jusque-là gratuites
Deux fabricants d’objets connectés font désormais payer des fonctions qu’ils offraient jusqu’ici. Depuis fin octobre 2026, l’espagnol Airzone, qui fabrique des systèmes de régulation du chauffage et de la climatisation, réserve à un abonnement le pilotage à distance depuis son application Airzone Cloud. La mesure vaut aussi pour les clients déjà équipés. Withings, connu pour ses balances connectées, exige l’abonnement Withings+ des nouveaux comptes qui veulent partager leurs mesures avec d’autres applications. Next a rapproché les deux cas le 3 novembre 2026.
Ces appareils ont été payés à l’achat. Une partie de leurs fonctions dépend pourtant des serveurs du fabricant, le « cloud » : des ordinateurs distants qui relaient les commandes et stockent les données. Quand celui-ci change ses conditions, l’acheteur a peu de prise : il paie, renonce à la fonction ou cherche une parade. Nous en retenons qu’un objet connecté se juge aussi sur la durée de ses services, pas seulement sur son prix d’achat.
Airzone Cloud : 48 euros par an
Le « Plan Cloud » d'Airzone coûte 48 euros par an et par installation, après six mois gratuits. Sans lui, l’application permet seulement de consulter le système à distance, pas de le commander. Ses graphiques n’affichent alors que les données de la journée en cours. L’abonnement rétablit la commande à distance, l’historique complet des graphiques et les automatisations. Le contrôle local, par le réseau Wi-Fi ou Ethernet de la maison, reste gratuit, tout comme la programmation.
Le changement avait été annoncé en mai 2026, pour une entrée en vigueur à compter d’octobre. Ses effets sont nets sur les graphiques : un seul jour d’historique sans abonnement, contre 1 à 3 ans avec la formule payante. Airzone justifie cette évolution par « un contexte technologique, énergétique et réglementaire en constante transformation ».
La colère des clients se lit en ligne. Sur le site d’avis Trustpilot, la note moyenne de l’entreprise est tombée à 1,1 sur 5. Certains avis mentionnent un signalement à la DGCCRF, l’autorité française de protection des consommateurs. Les critiques visent aussi le Webserver, un module en option, ajouté au devis précisément pour piloter l’installation à distance.
Withings+ : le partage devient payant
Chez Withings, la règle vise les comptes créés depuis le 13 octobre 2026. Pour envoyer automatiquement leurs mesures vers Apple Santé ou Health Connect de Google, ces utilisateurs doivent souscrire Withings+. Selectra indique un tarif de 9,95 euros par mois ou 99,50 par an, après un mois d’essai, quand Next mentionne 10 euros par mois ou 100 par an. Les comptes plus anciens ne sont pas concernés.
Sans abonnement, chacun peut encore exporter à la main l’historique de ses mesures, en fichiers CSV (un format lisible par tout tableur) ou PDF. La date de bascule diffère toutefois d’une source à l’autre. La documentation de Home Assistant, logiciel libre de domotique, vise les comptes créés après le 11 octobre 2026. Pour ces comptes, le module qui relie Home Assistant à Withings exige donc, lui aussi, l’abonnement payant.
Interrogé par BFMTV, Vincent Brand, chef de produit numérique chez Withings, défend ce choix. Pour lui, la valeur s’est déplacée du matériel vers les données : « Avant, elle était sur le hardware, aujourd’hui, c’est la donnée ». L’entreprise assure respecter le RGPD, le règlement européen sur la protection des données, et le Data Act, « notamment le droit à la portabilité ou l’interopérabilité ». Le changement n’est pourtant apparu que dans une foire aux questions et sur les écrans des nouveaux clients. « On a sûrement fait quelque chose qui n’était pas totalement optimisé, c’est une certitude », admet-il.
Si on veut que Withings soit encore là dans les années qui viennent, il faut compter sur un transfert de valeur.
Reprendre la main, avec prudence
Pour contourner l’abonnement, un développeur a publié YourOwnWeigh, un projet libre sous licence MIT, conçu avec l’assistant de programmation Claude Code. Il met à jour le micrologiciel des balances, c’est-à-dire leur programme interne, pour qu’elles envoient leurs pesées en Wi-Fi vers un serveur choisi par l’utilisateur. Les données peuvent ensuite rejoindre Apple Health, Google Health ou tout autre service, sans abonnement. La première version date du 29 octobre 2026.
L’outil reste réservé aux personnes à l’aise avec la technique. Son auteur prévient qu’une écriture ratée du micrologiciel peut rendre le Bluetooth de la balance inutilisable. Sur le modèle WBS06, la connexion chiffrée ne vérifie pas le certificat du serveur, ce qui affaiblit sa protection. Le projet fonctionne sous macOS et Linux ; une version pour Windows est attendue. À notre avis, modifier soi-même un appareil de santé n’a rien d’anodin : mieux vaut laisser le projet mûrir.
Côté Airzone, la voie libre passe par Home Assistant, un logiciel sous licence Apache 2.0 qui revendique de donner la priorité au contrôle local et à la vie privée. Son intégration Airzone dialogue avec l’API locale des systèmes du fabricant. Une API est une porte d’entrée qui permet à un logiciel de commander un appareil. Celle-ci fonctionne sur le réseau de la maison, sans passer par les serveurs d’Airzone.
Ce logiciel n’est pas seul : d’après iGeneration, Airzone s’intègre aussi localement à Jeedom, autre logiciel de domotique. Ces parades ont toutefois un prix : elles demandent des compétences, du temps et parfois du matériel supplémentaire. Pour piloter son chauffage depuis l’extérieur sans le cloud du fabricant, il faut aussi un accès distant à son propre réseau, par exemple un réseau privé virtuel (VPN) hébergé chez soi.
Trois vérifications avant d’acheter
Comme le relève Next, aucune règle n’oblige aujourd’hui un fabricant à annoncer, au moment de la vente, combien de temps un service restera gratuit, ni même s’il continuera d’exister. Avant d’acheter un thermostat, une balance ou une caméra connectés, nous conseillons donc de vérifier trois points. L’appareil fonctionne-t-il sans compte en ligne, sur le réseau local ? Un logiciel libre comme Home Assistant le prend-il en charge en mode local ? Les données s’exportent-elles dans un format ouvert ?
Pour les foyers et les petites entreprises équipés d’Airzone, la question est simple : 48 euros par an valent-ils la commande à distance, ou le pilotage local suffit-il ? Chez Withings, mieux vaut exporter dès maintenant ses mesures en CSV. Android Authority affirme qu’un compte ouvert avant le 13 octobre 2026 garde la synchronisation gratuite, même avec un nouvel appareil ; selon Selectra, la page d’assistance de Withings ne tranche pas ce cas. Nous pouvons aider à faire ces vérifications dans le cadre de notre accompagnement bénévole et gratuit, dans la mesure de nos disponibilités.
- Next — Airzone, Withings : quand des fonctions connectées gratuites deviennent payantes (3 novembre 2026)
- Airzone — Airzone Cloud, le Plan Cloud (page officielle consultée le 3 novembre 2026)
- iGeneration — Airzone Cloud passe à l’abonnement pour le contrôle distant des pompes à chaleur (29 mai 2026)
- Selectra — Withings fait désormais payer la synchro Apple Santé, 9,95 € par mois : voici quels comptes sont visés (17 octobre 2026)
- Android Authority — Withings puts Apple Health and Google Health Connect sync behind a paywall (16 octobre 2026)
- Home Assistant — Documentation de l’intégration Withings (consultée le 3 novembre 2026)
- Home Assistant — Documentation de l’intégration Airzone (consultée le 3 novembre 2026)
- GitHub — tomanthony/YourOwnWeigh, dépôt officiel du projet (consulté le 3 novembre 2026)
- GitHub — home-assistant/core, dépôt officiel de Home Assistant (consulté le 3 novembre 2026)
Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle, faits confrontés aux sources ci-dessus. En savoir plus
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