5 novembre 20264 min de lecture
Proxmox VE accueille le stockage NVMe/TCP de Lightbits grâce à un greffon libre
Les grappes de serveurs Proxmox VE disposent depuis le 29 octobre 2026 d’une nouvelle option de stockage partagé. Ce jour-là, Proxmox Server Solutions GmbH, l’éditeur de la plateforme, a annoncé l’intégration du stockage de Lightbits Labs, nommé « Solution Provider » de son programme partenaires. Lightbits a publié dans la foulée un greffon libre qui relie Proxmox VE à son stockage en NVMe/TCP. Proxmox VE est une plateforme de virtualisation libre : elle fait tourner des machines virtuelles sur un ensemble de serveurs.
Le communiqué de Lightbits, diffusé le 30 octobre 2026, présente cette intégration comme un appui aux alternatives à VMware. Tim Marx, directeur des opérations de Proxmox, y voit une option intégrée nativement pour les charges de travail sensibles aux performances. NVMe est le protocole des SSD rapides. Sa variante NVMe/TCP le fait circuler sur un réseau Ethernet ordinaire, sans cartes Fibre Channel, un matériel réseau dédié au stockage.
Des volumes partagés par tous les hôtes
Quand un administrateur crée le disque d’une machine virtuelle, Proxmox passe par l’API de Lightbits pour créer le volume. Une API est l’interface de programmation qui permet à un logiciel d’en piloter un autre. Les hôtes Proxmox se connectent ensuite au volume par Ethernet, en NVMe/TCP. Le stockage peut répliquer les données sur plusieurs nœuds. Depuis Proxmox VE, l’administrateur peut aussi redimensionner un volume, en figer l’état par un instantané, puis revenir à cet état.
Ce stockage commun ouvre la voie à la migration à chaud et à la haute disponibilité (HA). Une machine virtuelle en marche passe d’un hôte de la grappe à un autre sans copie de ses disques. Si un serveur tombe en panne, le gestionnaire HA redémarre ses machines sur un nœud survivant, relié aux mêmes volumes. Virtualization Howto rapproche Lightbits de Ceph, le stockage distribué libre intégré à Proxmox VE. À une nuance près : stockage et calcul forment ici deux grappes distinctes, qui peuvent grandir séparément.
Greffon libre, stockage payant et exigeant
Le greffon prend en charge Proxmox VE 9.x et les grappes Lightbits 3.x, y compris les versions à support court (STS) et long (LTS). Son code est publié sur GitHub sous licence Apache 2.0, une licence libre. Proxmox VE publie, lui, son code source sous GNU Affero General Public License, version 3. Le dépôt pve-lightbits détaille le fonctionnement du module et ses limites connues.
Nos clients utilisent Lightbits avec Proxmox VE depuis un moment déjà, et le greffon natif rend cette expérience bien plus simple.
Le greffon est gratuit, mais il ne sert à rien sans le système de Lightbits. Le stockage Lightbits SDS, lui, n’est pas gratuit : il reste un produit commercial. SDS (software-defined storage) désigne des disques gérés par logiciel sur des serveurs standards. Sauf accord écrit séparé, le module n’est couvert ni par les contrats de support de LightOS, le système de Lightbits, ni par ses engagements de niveau de service. Ses ingénieurs et des contributeurs bénévoles répondent sur GitHub, dans la mesure du possible.
Le dépôt signale d’autres limites. La vérification du certificat de l’API est désactivée par défaut : sans elle, Proxmox ne contrôle pas qu’il parle au bon serveur. Les instantanés ne sont pas lisibles comme un disque : impossible d’en partir pour sauvegarder ou cloner une machine. Les clones liés, qui partagent le volume de base d’un modèle, ne sont pas pris en charge. Chaque clone d’un modèle est donc une copie complète.
Le matériel visé dépasse largement celui d’une petite structure. Virtualization Howto relève dans les spécifications de Lightbits 32 cœurs de processeur et au moins 128 Go de mémoire vive par instance, avec six disques NVMe de données ou plus. Le réseau de données doit atteindre 25 GbE (gigabit Ethernet), le 100 GbE étant recommandé. Le blog juge peu probable qu’un laboratoire domestique (home lab) atteigne ce niveau, mais voit dans Lightbits une option à essayer sur une plateforme de test.
Les options libres déjà disponibles
Proxmox VE n’a pas attendu Lightbits pour offrir un stockage partagé. Sa documentation présente Ceph comme un système de stockage autoréparant, fiable et très évolutif. La plateforme propose aussi le système de fichiers ZFS, la haute disponibilité et la migration à chaud. À notre avis, Lightbits vise surtout les entreprises qui quittent VMware avec de gros besoins de performance. Pour Virtualization Howto, ces nouvelles intégrations montrent que le vent tourne en faveur de Proxmox. Le cas de Tesco, qui semble remplacer VMware par Proxmox dans ses magasins, allait déjà dans ce sens.
Pour une TPE, une association ou un particulier, rien ne change : un serveur Proxmox VE avec ZFS, ou une petite grappe Ceph, demeurent les options libres à privilégier. Une PME tentée par Lightbits demandera d’abord le prix, puis testera la solution sur une plateforme d’essai. Elle activera la vérification du certificat de l’API et prévoira une sauvegarde indépendante, puisque les instantanés ne peuvent pas en tenir lieu. Avant toute mise en production, mieux vaut aussi suivre l’activité du dépôt.
- Virtualization Howto — Proxmox Has a New Shared Storage Option. What Does It Mean for Home Labs in 2026? (4 novembre 2026)
- StorageNewsletter — Lightbits Brings NVMe over TCP Shared Storage to Proxmox VE, Supporting Open-Architecture VMware Alternatives (30 octobre 2026)
- Business Wire via Yahoo Finance — Lightbits Brings NVMe Over TCP Shared Storage to Proxmox VE (30 octobre 2026)
- ZSvirt — Virtualization Watch 005 (1er novembre 2026)
- GitHub — LightBitsLabs/pve-lightbits, greffon de stockage Proxmox VE pour Lightbits
- Lightbits Labs — Proxmox VE (page solution)
- Proxmox — Proxmox Virtual Environment, présentation
- Proxmox — Proxmox VE Administration Guide
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